Deux semaines en Turquie avec Madame Y, ma compagne de l’époque, entre les cheminées de fées de Cappadoce, les plages de la Riviera turque et les mosquées d’Istanbul — dans une ambiance encore marquée par le Covid (tests PCR, incertitude sur les contrôles sanitaires à chaque étape) mais sans que ça n’entame vraiment le voyage.

Jour 1

Arrivée à Istanbul, retrouvailles à Taksim

Environ 4h de vol jusqu’à l’aéroport SAW d’Istanbul, un des rares où les taxis ne sautent pas à la gorge dès la sortie. Bus jusqu’au quartier de Taksim (27 livres turques, environ 2,70€, 1h45 de trajet). Arrivé à l’arrêt, à peine le temps de repérer où j’étais et où aller que déjà quelqu’un se jette sur moi — Madame Y ! Elle m’attendait là depuis un petit moment. Elle vit à Dubaï, moi en France : se retrouver, après tout ce temps loin l’un de l’autre, c’est un bonheur immense. Direction l’hôtel à travers des rues bondées, plus locales que touristiques, la grande artère principale alternant enseignes internationales et échoppes traditionnelles. Notre hôtel, niché dans une rue perpendiculaire, fait le job sans plus. Balade dans le quartier en soirée : bars à chicha, restaurants de poisson, concerts improvisés, une vie nocturne étonnamment prononcée — tant qu’on évite les adresses trop fancy, la note reste raisonnable. Détail amusant : dans ce quartier pourtant touristique, l’anglais est étonnamment peu répandu, que ce soit à l’hôtel, au bar ou au restaurant.

Jour 2

Vol pour la Cappadoce, installation à Goreme

Réveil tardif, préparatifs tranquilles, réservation d’un hôtel à Göreme pour les nuits suivantes (51€ pour 3 nuits) — non sans mal, puisque Booking.com est tout simplement bloqué en Turquie et qu’il faut passer par un VPN pour y accéder. Petite frayeur avec les clés de l’hôtel introuvables au moment de partir, résolue par la seule vraie option disponible : rendre la carte et laisser filer, personne ne semblant vraiment en charge des lieux. Départ pour l’aéroport avec une inquiétude sous-jacente très 2021 : faudra-t-il un test antigénique pour embarquer ? La sécurité balaie la question d’un revers de main amusé. Vol domestique à 36€ la place, à peine 1h15 jusqu’à Nevşehir, un aéroport tellement minuscule qu’on descend directement sur le tarmac et qu’on rejoint la sortie à pied à travers de simples portes coulissantes, sans le moindre couloir ni passerelle — le genre de détail qui fait sourire après les hubs internationaux habituels. Minivan jusqu’à Göreme (40 livres, 45 minutes de route), arrivée à la nuit tombée vers 21h dans un hôtel simple mais bien placé, terrasse avec vue. Premier dîner local — un Testi Kebab, spécialité de la région cuite dans un pot en terre cuite entièrement scellé, que le serveur casse devant nous pour le servir — 40 livres et plutôt savoureux. Bière locale EFES achetée sur le chemin du retour pour clore la soirée sur la terrasse de l’hôtel.

Jour 3

Le château troglodyte d’Uchisar

Petit-déjeuner turc (pancakes au fromage, café turc, 70 livres le tout) avant de partir à pied pour Uchisar, à travers un paysage de roches volcaniques sculptées par l’érosion — les fameuses « cheminées de fées » de Cappadoce.

Göreme

Détour obligé par un premier point de vue payant (3 livres, le chemin direct étant fermé), puis marche d’1h30 quasiment solitaire, quelques vignes basses pour seule ombre, jusqu’au village d’Uchisar et son château troglodyte (20 livres l’entrée), littéralement creusé dans un piton rocheux naturel. La visite laisse un peu sur sa faim côté explications — aucune indication sur qui a habité ces pièces sculptées à même la roche ni depuis quand — mais la vue depuis le sommet, sur les formations rocheuses environnantes, vaut largement le détour.

Uchisar

Une fois redescendus dans le village, la rue principale d’Uchisar se révèle nettement plus touristique que le trajet qui y mène, tapissée de boutiques de souvenirs les unes à la suite des autres. Halte dans un petit café en contrebas, vue imprenable sur le château, le temps d’attendre le bon moment pour entamer la descente vers Göreme, rythmée par une pause coucher de soleil et un passage par la Pigeon Valley, sentier serpentant au milieu d’un paysage rocheux nettement plus végétalisé.

Dîner tardif à Göreme accompagné d’un chanteur turc et de son instrument à cordes — une sorte de harpe posée à l’horizontale. Excitation oblige pour le levé aux aurores du lendemain : pas moyen de trouver le sommeil avant 2h30.

Jour 4

Montgolfières et vallée de l’Amour

Réveil à 5h pour LE spectacle emblématique de la région : les premières montgolfières apparaissent dès 5h30 par la fenêtre de la chambre, le temps d’enfiler un pantalon et de grimper sur la terrasse en hauteur pour un ballet aérien à couper le souffle — des centaines de montgolfières survolant les cheminées de fées dans la lumière du petit matin.

Retour se recoucher une heure avant une journée volontairement tranquille : café dans un établissement local fréquenté par des habitués jouant aux cartes, après-midi calme à l’hôtel avant la chaleur de fin de journée. En fin d’après-midi, direction la Love Valley, des formations rocheuses à la forme suggestive qui ont valu leur nom à l’endroit — moins spectaculaire que la Pigeon Valley mais son lot de couples venus se faire tirer le portrait à cheval, sous l’œil d’accompagnateurs mi-guides mi-photographes tant les indications fusent (« tel angle, telle pose »). Retour dîner dans un quartier plus authentique de la ville, boutiques artisanales et restaurants sans alcool, avant une bière tranquille sur la terrasse de l’hôtel.

Jour 5

Anniversaire au lever du soleil, départ pour la côte

C’est l’anniversaire de Madame Y : réveil à 4h30 pour un second lever de montgolfières, cette fois depuis la vallée Rose. Après un passage par le grand parking bondé de cars de touristes, nous poussons plus loin, plus haut, jusqu’à dénicher un point de vue totalement désert — le ballet aérien qui suit restera un des grands souvenirs du séjour, entourés de montgolfières dans un silence quasi complet, loin de la foule quelques mètres plus bas. Retour se reposer un peu, puis détour par le centre avant le check-out : un petit pendentif en forme de montgolfière pour marquer le coup, qui viendra rejoindre le bracelet à breloques que je lui avais offert auparavant — une façon de garder une trace de cette journée un peu particulière. Après-midi d’attente avant le bus de nuit pour Antalya (100 livres, 8h de route), direction ensuite Kemer sur la côte méditerranéenne.

Jour 6

Arrivée à Kemer, plage de galets

Le bus s’avère finalement plutôt confortable, pas complet, on s’étale sur plusieurs sièges avec quelques heures de sommeil au passage.

Arrivée à la station de bus d’Antalya vers 8h, correspondance rapide pour Kemer (14 livres, environ 1h30 de trajet). Marche jusqu’à l’hôtel (Kubert Butik Hotel, 81€ pour 3 nuits, petite piscine bienvenue) : il est 11h30, la chambre n’est pas encore prête, nous repartons manger un morceau en attendant. Direction ensuite la plage : galets, très étroite, transats collés les uns aux autres du début à la fin — la station balnéaire dans toute sa splendeur. Nous marchons dans la rue commerçante principale, boutiques et magasins de souvenirs à foison, avant de dénicher un petit café pour un turkish coffee — accompagné, sans qu’on ait rien demandé, d’un çay (thé turc) offert par la maison. Retour à l’hôtel pour le check-in : la chambre double avec balcon promise n’est plus disponible, une autre nous est attribuée en attendant de changer le lendemain — plutôt sombre une fois les rideaux ouverts, avec vue sur le parking et le personnel prenant leur pause.

Petite pause puis retour à la plage en fin de journée, cette fois jusqu’au bout, là où les transats se raréfient enfin : l’eau reste fraîche et agréable, mais entre les galets peu confortables et la densité des lieux, difficile de comprendre l’attrait d’y passer une semaine entière ou plus, comme le font visiblement beaucoup de monde ici. En continuant le long du port pour une bière, la serveuse s’adresse spontanément en russe — la clientèle est massivement russophone dans le coin, au point que les locaux ne testent même plus l’anglais en premier. Direction ensuite un restaurant pour dîner : Madame Y étant végétarienne, pas évident de trouver de quoi la satisfaire, la viande dominant largement toutes les cartes. Une heure de recherche plus tard nous finissons enfin par nous poser vers 22h15.

Jour 7

Randonnée au coucher de soleil

Journée qui démarre en douceur, chambre enfin changée (balcon, important pour faire sécher les habits après la lessive dans le lavabo). On profite un peu de la piscine puis direction un point de vue au sud de Kemer pour le coucher de soleil — la montée est raide et la chaleur écrasante, quelques pauses bien méritées en chemin, mais le calme de la forêt (grillons pour seule bande-son) fait un bien fou après la station balnéaire. Arrêt à 300m du sommet plutôt que de pousser plus loin, la vue sur la mer, la ville et les montagnes suffisant largement pour un coucher de soleil mémorable. Descente à la tombée de la nuit, puis halte dans le même bar que la veille pour un échange linguistique improvisé — elle m’enseigne quelques mots de russe, j’essaie de lui rendre la pareille en français.

Jour 8

Canyon de Göynük

Lever vers 9h, bus jusqu’à la ville de Göynük (14 livres) puis 2,5km à pied sous une chaleur écrasante jusqu’à l’entrée du parc — peu de monde sur ce tronçon, seulement quelques touristes en quad qui nous doublent en direction de la même entrée. Une piscine naturelle marque l’entrée, traversée pour rejoindre l’accueil ; petit-déjeuner et turkish coffee sur place avant de payer les 20 livres d’entrée. La dame à l’accueil déroule tout le programme commercial — canyoning, descente en bateau — en russe ; nous optons pour la simple entrée. À l’intérieur, pas vraiment de sentier de randonnée à proprement parler : une large route de terre, empruntée toutes les 5 minutes par un nouveau pick-up dans un nuage de poussière, achemine les touristes vers les différentes attractions payantes (zipline, canyoning, descente en bateau). La vue sur l’eau en contrebas reste sympa malgré tout. Cette « balade » s’arrête assez vite sur une piscine naturelle encadrée de bars-restaurants des deux côtés, musique et gens attablés — plutôt décevant, impossible d’aller plus loin à pied, la suite se faisant uniquement en bateau ou en canyoning organisé.

Canyon de Göynük

Quelques sentiers de randonnée partent bien de la route principale, mais mènent à des points de vue lointains ou à d’autres villages à 15-20km — la chaleur nous dissuade de nous y aventurer. Nous préférons nous éloigner de la foule pour trouver un coin tranquille en contrebas : une minuscule piscine naturelle dans la rivière, accessible après un passage un peu acrobatique sur des rochers glissants, eau à 15°C environ mais franchement revigorante par cette chaleur. Pique-nique improvisé (pain, fromage, concombre, salami) le long de la rivière. Retour à l’entrée du parc puis marche vers le bus, presque aussi longue que celle à l’intérieur du parc. Petit plongeon dans la piscine de l’hôtel puis dîner au bar de plage désormais habituel, celui où nous sommes retournés chaque soir.

Jour 9

Départ pour Alanya, retrouvailles

Réveil vers 10h, préparatifs tranquilles en attendant que les derniers vêtements finissent de sécher. Au moment de rendre les clés, on me demande si j’ai déjà payé — j’aurais dû répondre oui vu la tournure des événements, mais l’honnêteté l’emporte… Journée quasi entière avalée par les transports : turkish coffee de départ (annoncé à 20 livres, payé 25), bus pour Antalya qui fait tout le tour de Kemer sous une chaleur écrasante (2h de trajet), correspondance trouvée sans peine pour Alanya (35 livres, encore un peu plus de 2h de route), puis bus de ville jusqu’à l’hôtel (10,50 livres/pers.) à deux pas de Kleopatra Beach. Chambre correcte pour le prix (68€ pour 3 nuits, wifi capricieuse, une seule prise électrique) où nous patientons en attendant des nouvelles de l’amie de Madame Y, qui vit sur place avec son compagnon.

Ils passent nous chercher vers 20h : retrouvailles chaleureuses entre les deux amies, les rires fusent à l’arrière. Direction le château perché sur les hauteurs d’Alanya, belle vue en approche, mais impossible d’atteindre le sommet : rues trop étroites pour croiser d’autres véhicules, une centaine de mètres de marche arrière collective avant de pouvoir faire demi-tour. Plan B tout aussi réussi : un point de vue alternatif juste au-dessus de l’inscription « I ♡ Alanya », vue tout aussi spectaculaire sur le château et la ville. Verre partagé dans un bar-resto, nous sommes les invités, donc interdiction de toucher à notre portefeuille, c’est un peu la tradition ici… Sur le chemin du retour, halte pour du maïs grillé dégusté dans la voiture, un vrai coup de cœur pour Madame Y, puis retour à l’hôtel.

Jour 10

Château d’Alanya et port aux pirates

Petit-déjeuner turc classique (œuf, fromage, salami, pain, confiture, miel, concombre) face à la plage, puis ascension à pied du même château qu’on avait tenté d’atteindre en voiture la veille sans succès — possibilité de monter en télécabine mais nous choisissons de marcher, trempés de sueur sous la chaleur mais récompensés par une vue superbe sur toute la baie. Visite plutôt rapide, essentiellement extérieure, avec peu d’explications sur place.

Château d’Alanya

Longue et agréable redescente par un chemin différent, jolies petites ruelles et escaliers en pente, ponctuée d’une pause Gozleme (sorte de crêpe salée aux épinards et fromage) et d’une bière avec vue sur la ville, jusqu’au port où sont amarrés de faux bateaux pirates, une institution locale pour les excursions à la journée — l’entrée de l’un d’eux, décorée sur le thème de « Pirates des Caraïbes », vaut le coup d’œil. Détail plus anecdotique : une quantité surprenante de machines à tester sa force alignées sur le port, punching-ball et score à la clé. Soirée compliquée en revanche côté restauration : les rues commerçantes proches de l’hôtel se révèlent être une succession de bars à musique forte, sans vraie option repas.

Jour 11

Dim Cave en scooter, Kleopatra Beach

Petite odyssée pour dénicher un scooter : le premier loueur n’a plus qu’un 50cc en stock et nous prévient que ce sera insuffisant pour grimper jusqu’à la grotte, le second propose bien un 125cc mais trop cher — nous finissons par trouver notre bonheur juste en face de l’hôtel, un 50cc moins cher. Direction Dim Cave, une grotte à une trentaine de minutes de route — première fois que Madame Y monte à l’arrière d’un scooter. Une pente sévère nous met à l’épreuve en chemin : nous tentons de la grimper, mais à mi-parcours, pas assez puissant pour aller plus loin — le premier loueur avait raison, mais ce n’est pas grave, demi-tour et détour par un chemin plus doux pour rejoindre la grotte. La grotte elle-même (18 livres l’entrée) se visite en deux temps : une petite salle sans grand intérêt d’un côté, puis un passage bien plus impressionnant de l’autre, escalier de fer serpentant entre stalactites et stalagmites jusqu’à un point d’eau évoquant une rivière souterraine — le tout sans la moindre affluence.

Retour en scooter le long de la rivière Dim, une institution locale où les restaurants installent leurs tables à même le lit du cours d’eau, pieds dans le courant frais — mais tellement serrés les uns aux autres que le charme s’en trouve un peu dilué. Halte café malgré tout sur l’une de ces terrasses flottantes. L’après-midi se termine à Kleopatra Beach, plage bien plus agréable que celle de Kemer (sable puis galets puis rochers), pizza et bières en terrasse avant une baignade prudente, Madame Y n’étant pas très à l’aise dans l’eau.

L’amie de Madame Y et son compagnon reviennent nous chercher pour un dîner sur le port, encore une fois offert malgré nos protestations, et nous réservent même un service de navette directe pour l’aéroport le lendemain — bien plus simple qu’un enchaînement de bus. Adieux chaleureux après une deuxième très bonne soirée en leur compagnie.

Jour 12

Retour à Istanbul, quartier de Sultanahmet

Restitution du scooter, puis navette jusqu’à l’aéroport d’Antalya (minivan bien plus confortable qu’un bus classique) pour un vol domestique vers Istanbul — trop court pour profiter du confort de l’appareil. À l’arrivée, pas de liaison directe pour Sultanahmet : bus jusqu’à Taksim puis tramway (ligne T1) jusqu’à l’arrêt Sultanahmet, en plein cœur de la vieille ville, ancienne capitale byzantine puis ottomane et aujourd’hui concentré des plus grands monuments de la ville. En traversant la place qui sépare la Mosquée Bleue de Sainte-Sophie, présence discrète mais réelle de policiers armés et de véhicules blindés à certains points d’accès. Installation dans un hôtel agréable, avec une belle vue sur le Bosphore et les îles depuis la terrasse — après une chasse au restaurant compliquée par des rabatteurs particulièrement collants, la soirée se termine simplement, bière achetée en supérette et dégustée en terrasse.

Jour 13

Sainte-Sophie et le Grand Bazar

La Mosquée Bleue reste fermée aux visites, heure de prière oblige : direction Sainte-Sophie à la place, dont l’entrée, payante à l’époque où elle était encore musée, est aujourd’hui gratuite — reconvertie en mosquée en juillet 2020, après avoir passé huit décennies comme musée. L’intérieur, marqué par des vitraux témoignant de son passé d’église avant la conquête ottomane, se visite sans trop de monde.

Mosquée Sainte-Sophie

Cap ensuite sur le Grand Bazar via un dédale de ruelles commerçantes, puis perdition complète — volontaire, cette fois — dans ses allées couvertes : bijoux, fringues, pâtisseries, tapis, chaussures et souvenirs à foison, un vrai labyrinthe où se laisser porter. Nous finissons par dénicher, comme par miracle, une petite place extérieure providentiellement calme à l’opposé de toute cette agitation, pour souffler autour d’un café turc avant de retourner nous perdre une seconde fois dans le bazar.

Retour vers l’hôtel en fin de journée, étape bien moins agréable : toute la rue est tenue par des rabatteurs de restaurants, certains n’hésitant pas à se planter carrément devant nous pour nous forcer à regarder leur menu, ou à nous guider doucement mais fermement vers leur terrasse. Petite accalmie dans un pub tranquille repéré au passage, musique agréable, avant de repartir en soirée vers un restaurant repéré le matin même : un dürüm pour moi, un kebab végé pour Madame Y qui s’avère être un simple mélange de riz et de légumes, copieux malgré tout. Accueil chaleureux (Rainbow Restaurant), baklavas et thé offerts en fin de repas, puis une part de gâteau supplémentaire — l’anniversaire d’un client du jour, fêté avec toute la salle.

Jour 14

La grande mosquée, côté asiatique

Test PCR en fin de matinée (200 livres) avant de rejoindre à pied le port pour traverser le Bosphore en bateau (8 livres, une quinzaine de minutes sur un grand bateau confortable, la vue sur les deux rives valant à elle seule le trajet). Une fois côté asiatique, à Üsküdar, bus local (encore 8 livres) jusqu’à la mosquée de Çamlıca, achevée en 2019 et devenue depuis la plus grande mosquée de Turquie — traversée du parking souterrain, sachets plastique pour les chaussures à l’entrée, une salle de prière principale impressionnante par ses dimensions plutôt que par son raffinement. Le vrai clou du site se trouve en sortant sur l’esplanade : un point de vue spectaculaire sur l’ensemble d’Istanbul depuis les hauteurs.

Marche jusqu’au parc Çamlıca voisin, vue tout aussi superbe sur la ville, quelques stands de nourriture bon marché pour grignoter, parc animé sans être bondé — nous nous posons un moment dans l’herbe avant de reprendre la route.

Sur le chemin du retour, direction le métro, propre et impeccablement entretenu (13 livres) : après quelques arrêts, la correspondance annoncée s’avère en fait être le Marmaray, une ligne de train de banlieue distincte qui passe sous le Bosphore. Nous préférons finalement rebrousser chemin et reprendre le bateau pour retraverser le Bosphore : plus long, mais avec une vue superbe et un coucher de soleil en prime. Dîner dans le même restaurant que la veille, pas de baklava cette fois mais de la pastèque en dessert — bien plus léger.

Jour 15

Bazar aux épices, Galata Tower, Ortaköy

Récupération des résultats de tests PCR puis nouvelle tentative pour la Mosquée Bleue, toujours en travaux — un peu moins photogénique que prévu à cause des échafaudages, mais on y est enfin entrés. Détour par le Bazar égyptien (bazar aux épices), plus posé et moins tentaculaire que le Grand Bazar — thés, baklavas et épices en une seule rue traversée rapidement.

Direction ensuite la tour de Galata, de l’autre côté de la Corne d’Or : possibilité de monter au sommet, mais malheureusement déjà complet — contemplation depuis la base, avec en prime le spectacle improbable d’une jeune femme filmée par son compagnon en pleine chorégraphie TikTok au milieu de la foule.

Fin de journée dans le quartier d’Ortaköy, accessible après une bonne heure de bus : petite place animée au bord de l’eau, dominée par sa mosquée et, juste derrière, le pont du Bosphore — le premier des trois ponts suspendus reliant l’Europe à l’Asie, une silhouette qui n’est pas sans rappeler le Golden Gate, et sans doute l’un des points de vue les plus photographiés d’Istanbul. La place a un petit air de marché de Noël — sauf qu’à la place des souvenirs, une vingtaine de cabanons identiques vendent tous la même chose, du kumpir (pomme de terre au four fourrée au choix). Pour cette dernière soirée, nous tenons à trouver un resto avec une belle vue, même si ça doit se résumer à un kumpir (35 livres, mais quelle quantité !) — terrasse avec vue sur la mosquée, le détroit et le pont, dernière soirée marquée par du vin local dégusté sur la terrasse de l’hôtel.

Jour 16

Retour en France

Réveil à 5h30 après une nuit très courte : se dire au revoir n’est jamais facile, elle repart pour Dubaï, moi pour la France. Dernier trajet solo jusqu’à l’aéroport — tram, funiculaire jusqu’à Taksim, puis bus, avec une attente interminable pour le check-in Pegasus finalement réglée en quelques minutes aux bornes automatiques. Trois heures d’attente sans wifi avant l’embarquement, et retour vers la France après trois semaines de voyage à deux, entre Cappadoce, Riviera turque et Istanbul.

Bilan

Trois semaines qui doivent beaucoup à la présence de Madame — les retrouvailles à l’arrêt de bus dès le premier soir, l’anniversaire fêté au lever du soleil au milieu des montgolfières, et cette soirée généreuse à Alanya avec son amie et son compagnon. Un des tout premiers voyages à deux plutôt qu’en solo, mais la tête tout aussi pleine de souvenirs au retour — cette fois avec la chance, en plus, de pouvoir les partager sur l’instant. Le pays lui-même se sera montré sous son meilleur jour hospitalier — cafés offerts, conversations improvisées, hospitalité constante — malgré un contexte encore marqué par la pandémie (tests PCR, incertitudes sanitaires à chaque étape) qui n’aura finalement jamais vraiment pesé sur le voyage.