Beaucoup de photos sont malheureusement manquante du a une perte de baggage avec un disque dur plein de photos de voyages…

Un itinéraire griffonné à 2h du matin 

Jour -2, 6 novembre

2 heures du matin. Impossible de dormir, alors j’en profite pour poser sur le papier ce qui ressemble à peu près à un itinéraire. Il changera sûrement en cours de route — une rencontre, un conseil de local, un coup de cœur imprévu suffisent à tout rebattre — mais il fallait bien un point de départ.

Le début est clair : Bangkok, direction Phuket, avec plusieurs arrêts en chemin, essentiellement dans des parcs nationaux. Difficile de trancher, il y a tellement à voir. Ensuite, traversée de la mer d’Andaman avec un arrêt sur les îles Phi Phi

À partir de là, tout devient plus flou. Krabi regorge d’activités qui semblent chères sur le papier — j’espère trouver de meilleurs tarifs une fois sur place. Direction Surat Thani ensuite, pour enchaîner les îles : Koh Samui peut-être, réputée coûteuse, Koh Pha-Ngan, puis Koh Tao, dont tout le monde me dit du bien. Retour sur le continent à Chumphon, un dernier parc national, puis Bangkok pour finir en beauté avant de rentrer.

Il ne me reste plus qu’à boucler le sac. Dans deux jours, je décolle.

Dernières heures avant le grand départ 

Jour J, 8 novembre

1h45. Les bagages sont bouclés, j’ai normalement pensé à tout — même si « normalement » n’a jamais empêché personne d’oublier son chargeur. Un mois, ça paraissait long sur le papier. Maintenant que j’y suis, avec tout ce qu’il y a à voir et à faire, ça semble déjà trop court.

Je ne vais pas beaucoup dormir cette nuit, et c’est presque voulu : arriver épuisé, c’est la garantie de s’endormir dans l’avion. Douze heures de vol, ça use — autant les passer les yeux fermés.

Décollage dans environ dix heures. Et honnêtement, je n’arrive toujours pas à y croire.

De Bangkok à Phetchaburi, à 10km/h

Jour J+1, 9 novembre

Puis Bangkok. Première impression plutôt mauvaise : passage sécurité désagréable, et un policier qui me demande une adresse où je réside en Thaïlande — que je n’ai évidemment pas. Retour à la case départ pour trouver en urgence un hôtel à Phetchaburi, où j’écris ces lignes. Ajoutez à ça la galère classique pour changer de l’argent, en évitant les tour-opérateurs et les taxis qui sautent dessus dès la sortie, et l’accueil thaïlandais démarre sur un ton nettement moins chaleureux que prévu.

Le métro, lui, rattrape tout : fonctionne à jetons, propre, civilisé — pas comme à Paris.

Direction la gare, pour un train de 17h05 censé m’amener à Phetchaburi à 20h10. Un peu à l’arrache, mais avec les locaux, et c’est bien ça qui compte : ventilateur au plafond, fenêtres grandes ouvertes, porte aussi — dépaysant dès le premier coup d’œil. Le train avance à 10 km/h en sortant de Bangkok et prend un retard considérable ; j’arriverai finalement vers 22h.

Comme les noms d’arrêts ne sont pas écrits en anglais, je demande à mes voisins de wagon de me prévenir quand ce sera le mien. Ils acceptent avec le sourire. Je me roule une cigarette ; l’un d’eux vient s’asseoir en face de moi et sort discrètement un peu d’herbe. Il me demande de lui rouler une cigarette, j’accepte, il y ajoute « sa touche magique ». Son pote récupère la première et va la fumer près de la porte. Il m’en redemande une deuxième, remet de la magie dedans, et au moment où je la lui tends : « No no, this is for you. » Je refuse poliment, il insiste, j’accepte finalement.

Une fois à Phetchaburi, après un long trajet en longeant à quelques mètres des maisons et des commerçants qui bordent la voie, je remercie chaleureusement mon compagnon de wagon et commence la chasse au logement. Direction le Sabaidee Resort, mais je me trompe de route. Un homme m’interpelle depuis son jardin, on discute un peu, il m’offre un verre à travers le grillage — sans réussir à m’indiquer où dormir. Je continue, tombe sur un petit restaurant, demande si quelqu’un connaît l’adresse. Plutôt que de m’expliquer le chemin, le patron me propose simplement de monter sur son scooter.

Me voilà au Sabaidee (250 bahts la nuit). Je pose mes affaires et pars chercher à manger — direction le bar juste à côté, où un petit concert se joue en fond. Accueil chaleureux, cuisine bonne, service impeccable : dès que mon verre est presque vide, un serveur revient le remplir.

Retour au bungalow — bambou, ventilateur, moustiquaire, matelas à même le sol, toilettes et douche communes à l’ancienne, sans chasse d’eau, un seau à côté pour le rinçage. Un chat s’est invité pour la nuit.

Beaucoup de transport pour cette première journée complète en Thaïlande — mais déjà pas mal de rencontres, pour un début.

Phetchaburi à vélo : temples, grottes et singes voleurs

Jour 2, 10 novembre

Après un coucher plutôt tardif, le réveil est brutal : 6h30, bruit des voitures, des scooters, de la rue entière qui s’active. Logique — le bungalow est en bambou, pas franchement insonorisé. Douche, puis direction la visite du quartier.

Il fait déjà bien chaud, même si le ciel reste couvert. Petit déjeuner à l’anglaise, 100 bahts, pas terrible — j’irai manger dehors la prochaine fois. En sortant, je repère des vélos à louer (50 bahts la journée) : allons-y.

Je prends la route dans l’espoir de trouver la grotte de Tham Khao Luang — sans GPS ni téléphone à l’époque, forcément un peu à l’aveugle. Après une bonne heure de recherche infructueuse, même en demandant mon chemin, je laisse tomber. Mais le hasard fait bien les choses : je tombe sur ma deuxième destination du jour sans l’avoir cherchée, Phra Nakhon Khiri, un temple perché sur une montagne avec un point de vue splendide.

En regardant la carte, je me demande encore comment j’ai atterri là. Dès l’entrée du site (150 bahts), les singes sont partout — un employé les tient à distance au lance-pierre, sans jamais viser à leur toucher, je crois. Une fois à l’intérieur, ils sont encore plus nombreux.

La visite vaut largement la montée : un premier point de vue à 360°, puis une sorte de temple lui aussi ouvert sur tout l’horizon, avec Phetchaburi et ses environs en contrebas. Un temple à l’ancienne, magnifique, fait face à un dernier point de vue tout aussi impressionnant. La montée est rude sous la chaleur, la descente pas beaucoup plus simple — les marches glissent énormément.

La visite terminée, je redemande mon chemin pour les grottes et repars à vélo. Sur une colline, je m’arrête manger et me renseigner. Autour de moi, plus rien : pas de voiture, pas de touriste, seulement des singes — beaucoup plus qu’avant, et étonnamment plus sages, aucun n’a tenté de me voler ma bouteille d’eau. Sur une petite place, un homme m’indique où garer le vélo et me montre le chemin à suivre.

Je grimpe, passe devant une fontaine entourée de singes, encore et encore des singes pendant toute la montée — franchement génial. Puis les marches qui mènent à la grotte apparaissent, déjà impressionnantes. Mais rien ne prépare à ce qui suit : une salle principale immense, des statues de Bouddha (sans certitude) disséminées partout, et un groupe de militaires recueillis en silence. Un trou naturel dans le plafond laisse entrer la lumière et illumine toute la pièce. Les salles suivantes, plus petites, sont tout aussi belles — un temple aménagé à même la roche, des galeries qui s’enchaînent, des statues aux postures toutes différentes. Une visite en tout point exceptionnelle.

Retour au bungalow pour souffler un peu, puis direction Wat Kamphaeng Laeng, un temple joli mais sans plus — beaucoup de statues dont le sens m’échappe complètement. Les moines y font leur prière en tenue blanche, différente de l’orange qu’on croise habituellement.

Direction ensuite le marché de nuit, dans l’espoir d’y trouver un pantacourt, des tongs et des lunettes de soleil — oui, je suis parti sans aucun de ces essentiels. Défaite totale : rien à part des vêtements pour femmes et de quoi manger en quantité.

Le vélo à Phetchaburi, c’est possible, à condition de s’adapter vite au « code de la route » local. Me perdre plusieurs fois m’aura au moins permis de visiter la ville sous tous les angles, et je savais globalement me repérer en fin de journée. Belles balades, beaux paysages à deux pas, une quantité impressionnante de singes, et des Thaïlandais toujours serviables et souriants, même sans un mot de langue commune. À retenir aussi : ce n’est pas parce qu’une ville reçoit des touristes (pas énormément à Phetchaburi) que les panneaux seront en anglais. Et la chaleur, elle, ne prend jamais de pause — même sans soleil.

Demain, direction le parc national de Kaeng Krachan, si j’arrive à mettre la main sur le minibus censé m’y emmener (100 bahts).

50 km d’auto-stop et une nuit sous les étoiles

Jour 3, 11 novembre

Journée pleine de rebondissements. Réveillé vers 6h à cause du bruit, mais pas de souci — je prends mon temps pour préparer mes affaires avant de rejoindre l’arrêt de minibus. J’y suis vers 7h30 ; le minibus ne part qu’à 8h30. De quoi trouver un petit déjeuner — poulet épicé et riz, on n’est plus en France. Pas mauvais du tout.

Le minibus arrive : il n’y a que moi et un moine, qui descend avant moi. Arrivée à Kaeng Krachan (120 bahts) après environ une heure de route.

À l’entrée principale du parc — l’un des plus grands de Thaïlande — il n’y a, à part un lac, pas grand-chose à voir. Je demande le chemin pour les cascades de Thorthip : la réponse tombe, sèche, elles se trouvent à 50 km d’ici, du côté d’une entrée annexe qui donne accès à une autre zone du parc, bien moins accessible. Je demande comment m’y rendre. En stop, me répond-on, pas de bus ni d’autre solution.

Je mange à côté puis je commence à faire du stop. Quelques voitures passent, klaxonnent, me saluent — la route n’est pas très fréquentée, je m’occupe en jonglant avec des cailloux. Et là, une voiture s’arrête : une femme au volant, son copain à côté. Ils me demandent où je vais, j’essaie d’expliquer, ils me disent de monter.

Je dois attendre là jusqu’à 13h — pas de service organisé, juste l’espoir qu’une voiture accepte de m’emmener plus loin dans le parc, un peu comme si je faisais du stop à l’entrée même. N’importe quel visiteur peut passer ce poste sans pour autant me prendre avec lui ; si personne ne se présente, je reste coincé là, tout simplement. Avant de repartir, elle laisse son numéro à la guérite : si j’ai besoin d’aide, je peux l’appeler, elle reviendrait me chercher — parce que personne ne vient jamais jusqu’ici.

J’essaie de communiquer avec un gardien, impossible. Puis un homme arrive en 4×4 — un visiteur comme un autre, pas un employé du parc —, parle avec les gardes, et me fait signe de monter. Je n’ai aucune idée de ce dans quoi je m’embarque, ni où je vais, ni pour combien de temps. Mais j’y vais.

En discutant avec lui, je comprends mieux le système : il existe des horaires de montée et de descente, parce que la piste est trop étroite pour que deux véhicules se croisent (je le constaterai plus tard). Les montées ont lieu entre 13h et 15h — d’où l’attente qu’on m’avait imposée à l’entrée, le temps de voir si quelqu’un passait par là. Lui va jusqu’au camp le plus haut, où il compte dormir. Et moi aussi, apparemment : pas d’autre moyen de redescendre. Ce qui m’arrange plutôt bien, ça me rapproche des chutes de Thor Thip que je voulais visiter.

Nous passons le premier camp, et là, il me prévient : la route va se compliquer. Et en effet — ce n’est plus vraiment une route par endroits, plutôt un chemin criblé de trous, traversé de ruisseaux. La classe. Il m’explique qu’il vient souvent observer les oiseaux dans le coin ; on parle de tout et de rien pendant le trajet.

Après 30 km et plus d’une heure de piste, nous arrivons au Phanoen Thung Campsite, le plus haut et le dernier camp du parc : trois tentes plantées là. Pour 300 bahts, je peux avoir une tente déjà montée, avec oreiller, couverture et petit matelas mousse — je choisis cette option, sans vraiment connaître les alternatives.

Il me fait faire le tour du propriétaire : un point de vue sur les montagnes, magnifique, un petit sentier bien sympa, et une fraîcheur de montagne particulièrement agréable après la chaleur du bas. Il m’explique que le dernier parking, point de départ pour les chutes de Thorthip, se trouve à environ 6 km d’ici — puis qu’il faut encore marcher plusieurs kilomètres pour atteindre la cascade elle-même. Aujourd’hui, de toute façon, il sera trop tard : plus de trois heures de marche au total.

Il envisage un moment de m’y emmener le lendemain, avant de se raviser : trop de sangsues sur le chemin. Un peu plus tard, nouvelle contrainte : en se renseignant, il découvre que personne ne monte aux chutes le lendemain, ce qui allongerait considérablement la marche si j’y allais seul — 20 km au total. En échange, il me propose de m’emmener à des chutes plus accessibles et touristiques le lendemain, puis de me déposer à Hua Hin. Vraiment serviable.

Le soir tombe, je contemple la vue sur les montagnes. À la nuit, il revient avec deux bières, m’annonce qu’il en a deux autres pour lui — je lui propose qu’on les boive ensemble. On discute encore, sous un ciel étoilé magnifique, sans la moindre pollution lumineuse pour le voiler.

Une journée dense, entre quelques singes croisés en chemin — plus sauvages que ceux de Petchaburi —, des oiseaux, et des étoiles à ne plus savoir où regarder. Un immense merci à Yin et Hai, qui m’ont conduit jusqu’au checkpoint, 50 km durant, en patientant avec moi et en traduisant tout ce qu’il fallait. Et merci à Mi, pour tout le reste de cette journée pas comme les autres.

La mer de nuages, avant le retour à la civilisation

Jour 4, 12 novembre

Vers 3h30 du matin, je suis réveillé par un bruit dans le camping : une respiration forte, mais un pas étonnamment léger. L’idée d’un ours me traverse l’esprit, on m’a parlé de leur présence dans le coin la veille, même si j’en doute sérieusement. Je sors de la tente et tombe sur deux gros porcs-épics, juste à côté de celle de Mi. Je me recouche, persuadé que je ne fermerai plus l’œil après une frayeur pareille.

Je finis pourtant par me rendormir. Quand mon alarme sonne vers 6h30 pour ne pas rater la mer de nuages, j’ai un instant de panique en me demandant si elle a bien fonctionné — mais non, tout va bien, le spectacle est au rendez-vous. Vraiment magnifique. Je remonte boire un café, puis redescends admirer la vue une deuxième fois — je ne suis plus seul, quelques visiteurs d’autres campings sont arrivés entre-temps. Je rejoins Mi et repars faire le sentier du matin avec lui.

Nous redescendons — la piste toujours aussi éprouvante. Mi veut m’emmener aux chutes de Pala-U, à environ une heure de route. Il me paye un café en chemin, et on parle de tout et de rien pendant le trajet. Il m’explique que les cascades que je voulais initialement rejoindre sont dangereuses, non balisées, infestées de sangsues, avec un vrai risque de se perdre — peu de monde les connaît. Tant pis, ce sera pour une prochaine fois.

Aux chutes de Pala-U, changement radical d’ambiance : nettement plus de touristes. Pendant que je mange, Mi prend de l’avance. En montant, il me prévient qu’il ne montera pas jusqu’en haut — fatigué, et en tongs sur un chemin rocailleux, autant dire pas l’équipement idéal. Il retourne à la voiture. La balade jusqu’au cinquième étage reste très belle ; aller plus haut demanderait un guide et trois jours entiers. Sympathique, donc, quoique bien plus touristique que ce que je viens de vivre.

Nous repartons, direction Hua Hin, où Mi me dépose. Il demande son chemin pour m’amener jusqu’au centre d’info touristique, tombe sur une femme qui y travaille — elle monte avec nous, et Mi nous dépose tous les deux non loin du centre. Merci pour tout, Mi. La femme me remet une pile de cartes de plusieurs villes : de quoi mieux me repérer pour la suite.

Je pars à la recherche d’un endroit où dormir, visite plusieurs adresses, et m’arrête finalement au Sofim Hôtel (350 bahts la nuit) — un vrai lit deux places, pour changer. Les draps semblent douteux, je demande à les changer.

Je pars marcher un peu. « Massage, massage… happy ending » à chaque coin de rue — les filles savent y faire, mais je ne me laisse pas convaincre. Je finis par tomber sur la plage, sans m’y attarder : du monde, des transats, des balades à cheval. Retour à l’hôtel pour une douche et une bière, à réfléchir à la suite avec mes nouvelles cartes — la bière coûte le même prix qu’à Phetchaburi, mais pour deux fois moins de quantité.

Je repars vers le marché de nuit, en quête d’un loueur de scooter. Je mange sur place, mais niveau shopping, c’est la déception : beaucoup de contrefaçons de marques, donc plus cher que du simple sans étiquette — toujours pas de lunettes de soleil, pantacourt ou t-shirt en vue, alors que le manque commence à se faire sentir. Je me renseigne sur les prix des scooters (entre 200 et 300 bahts la journée) en continuant de marcher. Certaines filles croisées plus tôt me reconnaissent et se plantent devant moi pour insister — je garde le sourire, « No, thank you », inlassablement. Je crois que c’est justement ça mon problème : trop gentil, elles sentent qu’elles peuvent insister. Dans certains bars, des filles très jolies, habillées très court, ne proposent rien de particulier — mais mieux vaut ne pas y entrer si on ne veut pas se faire harceler.

En rentrant, je passe par une petite ruelle. Un homme — pas thaïlandais — me demande si je cherche une chambre. Je réponds non, mais je demande quand même le prix ; il me dit qu’il loue aussi des scooters, 200 bahts la journée, ouverture à 7h, juste à côté de mon hôtel. J’irai sûrement là-bas demain — en plus, il m’a donné de bons renseignements sur le parc.

Belle journée, entre mer de nuages et retour progressif vers des lieux plus touristiques. Et étrangement, j’en viens presque à regretter Phetchaburi — là où, pourtant, je ne comprenais jamais rien à ce qu’on me disait.

La grotte illuminée de Khao Sam Roi Yot

Jour 5, 13 novembre

Réveil vers 7h, direction location de scooter. On m’explique rapidement le fonctionnement : quatre vitesses, toutes vers le bas, pas besoin d’embrayage. Un café plus tard, je prends la route pour Khao Sam Roi Yot, 40 km plus loin.

Se déplacer en scooter a son charme, mais le casque fourni ne sert quasiment à rien — autant se coller un bol sur le crâne — et sans visière, toute la poussière de la route finit dans les yeux. Je m’arrête donc en chemin pour trouver des lunettes de soleil et un petit déjeuner (25 bahts). Les lunettes affichées à 149 bahts se retrouvent à 299 en caisse — ça fait mal, mais j’en ai vraiment besoin.

La route est longue, surtout quand on se perd. Je demande mon chemin dans une petite épicerie ; la tenancière m’indique gentiment le trajet, allant jusqu’à me dessiner une petite carte. C’est long, mais le paysage est magnifique. Je m’arrête à un endroit affichant « camping », qui n’est pas celui que je cherche — demi-tour. Je finis par trouver le bon accès, dépose le scooter, et attaque un peu plus d’un kilomètre de marche assez rude, sac au dos. J’arrive trempé de sueur — quelle idée de rester en jean pour ça.

Une tente à 150 bahts la nuit, j’en prends une et pose mes affaires.

Première baignade depuis mon arrivée en Thaïlande ! L’eau est excellente, ça fait un bien fou. Je retourne à ma tente avec vue sur la mer — et la pluie s’invite. Problème : elle s’invite aussi dans la tente. La galère. Je me réfugie au restaurant, prends juste une boisson en attendant que ça passe. La pluie se calme, mais l’inquiétude reste : si elle recommence, je suis mal barré. Je nettoie les dégâts avec ma serviette, devenue une véritable serpillère.

Je repars ensuite vers les grottes, juste derrière le camping . La montée est rude, mais la descente se fait en douceur, jusqu’à des grottes magnifiques, envahies de végétation, avec une sorte de pavillon — temple ou salle de réunion, difficile à dire — perché sur une petite colline, éclairé par un trou naturel dans le plafond de la grotte. Je reste un moment, les yeux grands ouverts. Peu de monde sur place, la plupart des visiteurs ne viennent que l’après-midi. Il n’est que 14h ; je me tâte à repartir, craignant un retour de la pluie, mais j’ai payé la nuit, alors je reste.

Phraya Nakhon Cave

Deuxième baignade pour passer le temps, avec quelques figures d’acrobatie improvisées — les vieux réflexes du métier reviennent vite. Direction la douche — un bidon d’eau et un saladier pour se rincer, aussi rudimentaire qu’efficace. Au loin, des singes sautent d’arbre en arbre, une vraie chorégraphie. Excellent spectacle.

J’essaie d’anticiper la journée de demain, toujours inquiet pour la pluie — pluie et scooter ne font pas bon ménage. Il y a un point de vue que je voulais faire, tout au sud, alors que je dois remonter vers le nord. Je verrai selon la météo, mais je doute sérieusement de réussir à tout faire.

18h15, je me décide enfin à aller manger — deuxième coup de poisse de la journée, le restaurant est en train de fermer, alors qu’il devait fermer à 19h. La femme me demande si je veux quand même manger, mais je sens bien que ça les dérange ; je me contente de deux paquets de chips. Youpi. Et comme pour couronner le tout, j’ai oublié d’acheter de l’eau — il ne me reste qu’une bouteille entamée pour la soirée et la nuit. Sur le camping, un groupe de jeunes et un couple ont, eux, prévu de quoi manger — un barbecue, je crois.

Après une journée pareille, il va vraiment falloir que je pense à faire une machine. Une nuit qui s’annonce longue sous la tente, entre la chaleur et les moustiques à surveiller. Long trajet en scooter, mais accompagné de paysages superbes, et une première baignade dans une eau plutôt trouble, agitée de petites vagues.

Point de vue, grotte et nouilles aux doigts

Jour 6, 14 novembre

Réveil à 5h, il fait encore nuit. Je reste sous la tente à attendre le lever du soleil, qui arrive vers 6h — vue magnifique depuis l’entrée de la tente. Petit déjeuner au resto, ravitaillement en eau, quelques figures d’acrobatie sur la plage, puis je plie bagage en essayant tant bien que mal de nettoyer la tente.

La marche retour est éprouvante, sous une chaleur écrasante. Petite pause en arrivant en bas : je tombe sur un couple de Français qui me conseille le point de vue de Khao Daeng.

Direction le centre d’info, au guidon du scooter, pour y déposer mon sac. Puis direction le sommet de la montagne — montée difficile, entre marche et escalade, sur des rochers très pointus, mais ça vaut clairement le coup : d’un côté, vue sur les bassins de culture de crevettes et la mer ; de l’autre, montagnes, végétation et falaises.

La pluie s’invite. Je reste un peu, mais elle forcit rapidement — je redescends m’abriter sous un arbre. La descente est difficile sous la pluie, les rochers sont glissants.

Une fois en bas, je récupère mon sac et repars vers la grotte de Kaeo, sur la même route que Laem Sala Beach. La piste est dans un sale état, mais j’y arrive. Je dépose le sac, marche un peu, puis découvre une échelle pour descendre dans la grotte. Personne d’autre à cette heure matinale, aucune lumière — juste de petits panneaux fléchés pour ne pas se perdre. Je sors ma lampe frontale, et à l’assaut.

Simplement magnifique, mais un peu flippant : seul, dans le noir complet, avec des à-pics de 5 mètres ou plus, un sol très glissant, des passages à quatre pattes par endroits. Si tu tombes là-dedans, ou si tu te fais surprendre par les chauves-souris, tu es mal — mais vraiment excellent, presque de l’escalade à certains passages.

Je repars en quête de nourriture. Je tombe sur un coin très typique — un temple, les montagnes en arrière-plan, et un petit stand où deux hommes jouent aux échecs. Je demande à manger ; on me répond qu’il n’y a que des nouilles thaïes, en me faisant comprendre que je risque de ne pas aimer. Je tente le coup. On me sert, à la main, une sauce épicée dont j’ignore la composition — surprenante, mais vraiment bonne.

Retour à Hua Hin en scooter, paysage toujours aussi beau, route difficile sous un soleil de plomb. Je repasse par le loueur de scooter, qui me propose une chambre — rien en dessous de 400 bahts. Trop cher pour moi. Il me propose alors un réduit minuscule, accessible par une échelle, juste la place pour un matelas, à 250 bahts. J’accepte : difficile de trouver mieux un samedi. Je peux enfin faire une machine — mes fringues couvertes de boue après les balades sous la pluie en avaient bien besoin (150 bahts, soit 60 bahts le kilo).

Chambre hotel Hua Hin
« Chambre » à Hua Hin

Le scooter encore pour la soirée, j’en profite pour chercher des vêtements dans un grand centre commercial — parking à moto immense, un sous-sol entier dédié au « market food », de la bouffe partout, jusqu’à des kebabs. À l’étage, un centre commercial très propre et très grand, aux prix moins élevés qu’en France mais encore chers pour des marques. Je trouve un t-shirt à 150 bahts et un pantacourt à 200 bahts, dans une boutique bien plus modeste.

À la guest house, je croise deux Françaises, Sylvia et Marine, qui me conseillent un bar avec concert. C’est là que j’apprends la terrible nouvelle : des attentats ont frappé Paris dans la nuit. Je me connecte pour en savoir plus, sonné par la nouvelle à des milliers de kilomètres de chez moi.

Je descends dans le jardin, bois un verre avec elles, puis repars manger — un tour au marché, un truc vite fait, avant de rejoindre les bars. Le quartier ne propose que massages et bars pour tous les goûts. Je retrouve le pub irlandais dont les filles m’avaient parlé, m’installe avec une pinte devant un groupe qui joue un rock plutôt réussi.

Plus tard, je change de bar. Une masseuse m’accoste — dans ce quartier de Hua Hin, le mot recouvre souvent bien autre chose que des massages. On discute, je lui fais comprendre que je ne veux rien payer. Je teste d’autres bars, plus chers, avant de retourner au pub. Un serveur me raconte qu’il travaille au Tiger Temple, m’assure que les tigres ne sont pas drogués — je n’y crois qu’à moitié.

La masseuse revient vers moi. Je réitère que je ne cherche rien de particulier ; elle s’assoit simplement, et on parle, sans arrière-pensée apparente. Le bar ferme ; elle propose d’aller boire un verre ailleurs, m’offre une bière, on joue un peu au billard. Elle veut aller danser, je la suis — c’est elle qui paie les boissons cette fois. Je la raccompagne ensuite jusque chez elle, puis rentre seul à mon hôtel, bien éméché, vers 4h du matin.

Une bonne journée, dense en découvertes, et une soirée étrange mais agréable — rien ne manquait dans mon sac au réveil, pas d’arnaque, juste une soirée improvisée en bonne compagnie.

Journée de récupération à Hua Hin

Jour 7, 15 novembre

Réveil le plus tardif depuis mon arrivée : 10h30, accompagné d’une belle gueule de bois. N’ayant rien prévu pour repartir, je décide de rester une nuit de plus. Rien de tel qu’un fast-food pour ce genre de lendemain — mais encore faut-il d’abord changer de l’argent, galère un dimanche. J’y arrive finalement, direction Burger King : moins cher qu’en France, mais nettement plus cher que la bouffe locale. Retour à la guest house pour piquer une tête dans la piscine du jardin.

Direction la plage, je m’installe devant l’hôtel Hilton, là où il n’y a pas grand monde. L’eau est excellente, aucune difficulté pour y entrer. Je n’y reste pas longtemps — rester allongé sans rien faire, ce n’est vraiment pas mon truc. Je pars plutôt me balader, tombe sur un marché aux poissons, une odeur forte mais typique. Journée calme, faite pour récupérer de la soirée précédente. Les deux Françaises me proposent d’aller boire un verre au pub plus tard ; je verrai bien.

Je passe un moment tranquille dans le jardin — le patron, lui, ne fait pas grand-chose de plus que fumer des clopes en restant dans la piscine. Quelques parties de cartes plus tard, je fais un tour au marché pour manger un morceau, puis craque pour un massage des pieds, 30 minutes, 99 bahts. Franchement agréable après tous ces kilomètres de marche accumulés.

Je retourne ensuite au pub irlandais, juste pour une bière et le concert du soir. La masseuse croisée l’après-midi m’avait demandé si je repasserais ce soir — elle m’adresse un grand sourire de loin, mais je rentre tôt, sans la revoir de plus près. Une journée tranquille, comme il en faut de temps en temps.

Trois minibus et un changement de plan

Jour 8, 16 novembre

Je quitte Hua Hin avec l’idée de rejoindre les chutes de Ngao, en passant par Ranong. Direction d’abord Prachuap Khiri Khan, puis on me conseille de pousser jusqu’à Chumphon pour rejoindre Ranong depuis là. En chemin, je finis par abandonner l’idée de Ngao — personne à qui j’ai demandé ne connaissait l’endroit, la galère pour y accéder semble garantie. Ce sera peut-être pour le retour. 

Je décide alors de passer la nuit à Chumphon, avant de rejoindre Surat Thani le lendemain — peut-être pour y rester deux jours, si Naran, un couchsurfeur local, me répond. Le hasard en décide autrement : je tombe dans une petite librairie où la vendeuse me conseille d’aller directement à Surat Thani, il n’est pas si tard. Un touriste présent me demande comment j’ai fini avec un sac aussi imposant — le sien fait la moitié du mien. Il faut dire que c’est mon premier voyage en solo, et ça se voit un peu dans le paquetage : pas de pantalon de randonnée ni de pantacourt, uniquement des jeans, pas franchement l’idéal sous les tropiques. J’ai aussi embarqué un sac de couchage qui prend une place folle, mais qui m’aura quand même servi deux ou trois fois, comme pour la location de tente à Khao Sam Roi Yot. Je suis finalement le conseil de la vendeuse : direction Surat Thani. 

J’aurai passé toute la journée dans trois minibus différents — rien de bien palpitant, une pure journée de transition.

À l’arrivée à Surat, les rabatteurs se jettent presque sur moi dès l’ouverture de la porte pour me faire monter en tuk-tuk. Je descends à l’arrêt suivant pour leur échapper. Je marche à la recherche d’un endroit où dormir, harcelé par les klaxons de tuk-tuks et de moto-taxis en tout genre. Je demande conseil à un Anglais, qui s’avère être prof d’anglais installé ici. Il m’emmène jusqu’à un hôtel où je prends une chambre (150 bahts la nuit) — un vrai lit, matelas un peu dur, mais peu importe.

Je dépose mes affaires et file au marché de nuit — je n’ai rien avalé de la journée à part un croissant le matin, une barre de chocolat à midi et un petit paquet de chips.

Surat Thani est nettement plus calme que Hua Hin, une ambiance très différente : ici, les gens ne font que passer, le temps de prendre le ferry pour les îles, rien de plus. Moins de bars, de massages et de restaurants à chaque coin de rue — un changement, en bien comme en mal.

J’attends maintenant de voir si Naran me propose quelque chose, éventuellement un hébergement. Sinon, direction Khao Sok — il n’y a pas grand-chose d’autre à voir dans le coin, à mon avis.

Rencontre à Surat Thani

Jour 9, 17 novembre

Check-out vers 10h. Je repars, sac sur le dos, à travers les rues de Surat Thani, en essayant de joindre Naran. Trouver un téléphone public qui fonctionne, et comprendre comment il marche, s’avère plus compliqué que prévu. J’y arrive finalement, mais la communication est laborieuse en pleine rue — et l’appel coupe, faute de crédit. Je me dis : zut. Le téléphone sonne presque aussitôt : c’est lui qui rappelle. Rendez-vous fixé à mon hôtel vers 13h. En attendant, je continue à marcher dans la ville.

13h arrive. Je m’installe dans le café voisin de l’hôtel. Un homme entre : « Are you Damien? » Ouf, le voilà. On s’assoit, on discute un peu — il doit filer travailler mais reviendra me chercher à 15h30. Il passe à la réception pour que je puisse y laisser mon sac : me voilà enfin plus léger. Il m’indique aussi où se trouve la gare de bus/minibus pour Khao Sok.

Je vais aux renseignements : premier bus à 6h40 (150 bahts), premier minibus à 6h30 (250 bahts), puis un départ toutes les heures.

Je tue le temps en me baladant dans un petit salon de thé jusqu’à 15h, puis retourne à l’hôtel.

Naran me fait monter dans sa camionnette. Je lui explique que je compte prendre le premier bus du matin pour Khao Sok — il habite à une dizaine de kilomètres de là, et je ne veux pas le réveiller aussi tôt. Dommage, j’aurais bien aimé voir comment vivent les Thaïlandais au quotidien.

Nous arrivons au bord de la rivière, où trois autres personnes nous rejoignent. Je me demande un instant si Naran ne serait pas un guide touristique déguisé — mais non, juste du Couchsurfing. Il y a un couple de Suisses et un Finlandais.

Naran nous fait monter à bord d’un petit bateau pour une heure d’excursion sur la rivière, entre jungle, maisons sur pilotis et cabanes en bois côtoyant de véritables villas bourgeoises. Vraiment magnifique — une très belle balade, ponctuée des explications du « capitaine », traduites au fur et à mesure par Naran. Au passage, deux ou trois varans, ces gros lézards, tantôt dans l’eau, tantôt perchés dans les arbres.

Il nous propose ensuite d’aller manger au marché. Un endroit magnifique, impeccablement propre, avec toutes sortes de cuisines — traditionnelle, chinoise, pâtisseries. Naran nous explique ce qu’on ne reconnaît pas, interroge les vendeurs pour nous, traduit.

À 18h, une musique retentit dans les haut-parleurs. Tout le monde s’arrête net, se tait, s’immobilise. Nous attendons la fin de cette minute de silence avant de nous attabler. Naran nous explique : ça se produit deux fois par jour, à 8h et 18h, une sorte d’hymne — dès qu’on l’entend, où qu’on soit, on s’arrête et on écoute. Impressionnant à vivre.

Naran doit filer travailler, il nous raccompagne. Les Suisses restent au marché ; je monte à l’arrière de sa camionnette, assis sur une palette faute de siège — plutôt marrant. Nous descendons avec le Finlandais près de la rivière ; je remercie Naran pour tout, et lui demande combien je lui dois pour le bateau. Il divise par cinq : 60 bahts par personne, pour une heure de balade. Pas cher payé.

Retour tranquille vers l’hôtel, avec un arrêt à un stand de gâteaux — où je réussis l’exploit de faire tomber la moitié de l’étalage avec mon sac. Je repars, la tête un peu basse, direction l’hôtel.

Trop marché aujourd’hui : mal aux pieds, quelques ampoules sous le gros orteil, et une, mal placée sous le petit orteil, que je finis par percer à l’Opinel. J’espère que ça ne va pas trop me gêner pour le parc national.

Une journée qui a mal démarré — pas grand-chose à faire le matin, à part marcher — mais largement rattrapée par une belle rencontre avec Naran et d’autres routards de passage. Petit regret de ne pas avoir dormi chez lui, mais partir plus tard le lendemain n’était pas une option.

Khao Sok, la déception, et un vendeur de costumes bavard

Jour 10, 18 novembre

Check-out à 6h15, direction le parc national de Khao Sok en bus (30 bahts). Peu de monde à bord, un peu frais à cause de la clim. Arrivée vers 9h30 au centre d’information, où je croise deux Françaises — j’échange quelques mots avec l’une d’elles.

Arrivée à Khao Sok, ou presque : il me reste encore 2 km à marcher. À peine descendu du bus, je me fais accoster pour des propositions d’hôtel ; je réponds poliment que je n’ai encore rien décidé. La marche est longue et pesante avec le gros sac ; j’arrive enfin vers 10h15, dans un parc déjà nettement plus touristique que les précédents.

Entrée à 300 bahts, et une contrainte de taille : impossible d’aller au-delà de 3 km sans guide. Je marche jusqu’à la cascade et à l’endroit où l’on peut se baigner — chemin de terre facile, praticable en pick-up. Je ne verrai jamais vraiment les cascades, ou alors si petites qu’elles m’auront échappé. Je me baigne malgré tout, l’eau un peu plus fraîche que la mer mais agréable, dans une ambiance peu fréquentée. Je discute avec d’autres voyageurs, dont Adélaïde, une Française qui fait un bout de chemin avec un compagnon de route rencontré en cours de voyage — plutôt sympa comme rencontre. Elle me donne quelques conseils pour Koh Phi Phi, avec la promesse de m’en dire plus via Facebook.

On m’avait pas mal parlé de faire le tour du lac, une excursion d’un ou deux jours à 2500 bahts. J’abandonne l’idée (hors de mon budget…) et décide de repartir vers Khao Lak, plutôt déçu par ce parc — moi qui en avait entendu tant de bien.

J’attends le bus (130 bahts), en compagnie de deux Allemandes en route pour Phuket, qui partagent exactement la même déception sur le parc. Le bus arrive, climatisé mais tranquille ; au bout d’un moment, je vais m’asseoir à côté de l’une des Allemandes, avec qui le courant passe bien, pour continuer la conversation. Arrivée à Khao Lak : je trouve une rue, un hébergement — l’auberge de jeunesse Monkey Dive.

On n’est que deux dans le dortoir, les lits, du béton sous du coton. Je pars chercher à manger : tout est nettement plus cher qu’ailleurs, on ne croise ici que des touristes. Je décide de n’y rester qu’une nuit. Petite folie du jour : une perche pour la GoPro, 450 bahts.

Je pars à la recherche de la plage, de nuit, et tombe sur un vendeur de costumes qui me sert d’abord son baratin habituel — avant qu’on finisse par vraiment discuter, sans qu’il cherche à me vendre quoi que ce soit. Un client arrive, je m’éclipse vers la plage : magnifique, des éclairs au loin qui zèbrent le ciel.

Je recroise mon nouvel ami en repartant ; il ferme boutique et on reste à discuter un bon moment, de tout et de rien. La conversation dérive largement vers les femmes — il me raconte, sans détour, ses habitudes avec les prostituées locales, ladyboys compris, alors même qu’il est marié (lui d’origine birmane, sa femme thaïlandaise). Une heure et demie de discussion improbable, avant que je ne reparte.

Pas de wifi dans le dortoir, je squatte un peu les escaliers pour me connecter. En remontant, je croise mon colocataire d’une nuit, un Allemand — on discute, il semble anxieux mais reste très sympathique. Dodo.

Une pause pluvieuse à Phuket

Jour 11, 19 novembre

Je prends le bus direction Phuket. À peine descendu, les rabatteurs me harcèlent déjà. Fidèle à mes habitudes, je marche et tombe sur une auberge de jeunesse proposant des dortoirs climatisés à 299 bahts la nuit. Parfait.

La pluie et l’orage s’invitent. J’en profite pour partir me balader et, comme souvent, je finis par me perdre en zigzaguant à travers les rues et ruelles, sans réel objectif. Au bout du compte, à force de tout parcourir à pied, Phuket ne me paraît pas si dénaturée qu’on me l’avait laissé craindre. Je m’attendais à pire que Hua Hin — l’endroit reste plutôt tranquille, à moins que je ne me sois simplement égaré au bon endroit.

Retour à l’auberge, où la pluie et l’orage redoublent d’intensité — de quoi me clouer à l’abri un bon moment. Je ressors dès l’accalmie pour aller manger, et déniche enfin une adresse abordable. La serveuse semble me faire les yeux doux, mais la communication reste compliquée. Je ne traîne pas et rentre me coucher.

Demain, direction les renseignements pour rejoindre Koh Phi Phi — on verra bien comment.

Cartes postales et gueule de bois de touriste

Jour 12, 20 novembre

Ne sachant pas où se trouve le port, je pars du principe le plus simple et réserve mon transport via l’auberge de jeunesse (Dest Stay). Le minibus qui vient me chercher est déjà blindé. Une fois au port, c’est la queue interminable et l’organisation la plus confuse qui soit. En montant à bord du ferry, le constat tombe : que des touristes. Fini les sourires — ici, l’accueil se résume à un « bienvenue » mécanique, purement commercial.

Une heure d’attente immobile avant que le bateau ne largue enfin les amarres. Avatar diffusé sur les écrans de bord fait passer le temps pour les 1h30 de traversée — et les paysages, eux, sont déjà à la hauteur.

L’arrivée est un choc de beauté : des falaises abruptes plongeant dans une eau transparente. Le retour à la réalité, lui, est immédiat — cohue générale pour récupérer les bagages à l’accostage. Sac récupéré, je pars à la recherche de l’auberge Blanco, ce qui me permet de traverser les ruelles de l’île — entièrement piétonnes, pas une voiture, juste des chariots tirés par des Thaïs pour les voyageurs qui préfèrent ne pas porter leur sac eux-mêmes.

Je finis par trouver l’auberge, en plein sur la plage — mais le tarif du dortoir douche froide immédiate, rien à voir avec les prix annoncés dans mon guide. J’en déniche une autre un peu en retrait (peu m’importe, pas besoin d’être sur le sable), à 300 bahts la nuit. Rien d’une auberge classique en fait : une immense pièce alignant une quarantaine de lits superposés, baptisée Hangover. Pas de cuisine, mais calme, propre, climatisé, avec des casiers sécurisés. Je pose mon sac et repars aussitôt.

Je réserve une excursion snorkeling autour de Phi Phi Leh (800 bahts). J’apprendrai plus tard que l’auberge Blanco proposait la même chose pour 350 bahts — mais l’agence que j’ai choisie est une vraie école de plongée, donc la prestation devrait différer. Direction ensuite le point de vue de l’île : une montée interminable d’escaliers, couronnée par un checkpoint qui réclame 30 bahts — terrain privé oblige —, en plus des 20 bahts déjà réglés pour l’entrée sur l’île. Pas cher, mais on ne s’y attend pas. Je paye, je monte : la vue sur les montagnes et la double baie vaut clairement le détour.

Point de vue sur Ko Phi Phi

Retour rapide à l’auberge pour souffler, puis direction le dîner. Je tombe sur un petit restaurant abordable et bon. Les choses se gâtent en arrivant sur la plage : des bars à ciel ouvert enchaînent la musique à fond, ambiance boîte de nuit à l’air libre. Des jongleurs de feu enchaînent les figures, techniquement impeccables, mais sans un sourire — on dirait qu’ils font ça à contrecœur. Plus loin, d’autres groupes reproduisent le même spectacle, enfants compris.

Je me réinstalle dans le premier bar pour voir la suite, qui tourne au freestyle sur le sable, quelques bières à la main. Un touriste bien éméché s’incruste et attrape les bolas enflammées pour rigoler. Autour, une belle collection de beaufs torse nu en permanence, et quelques attitudes qui se prennent un peu trop au sérieux. Direction les toilettes — 10 bahts. Ici, absolument tout se paie.

Pour finir la soirée sur une note plus posée, je trouve refuge dans un bar plus calme du centre, où un duo assure une performance plutôt réussie. Retour au dortoir, avec la sensation d’avoir bu un peu plus que prévu — l’ambiance de l’île a ça de contagieux.

Koh Phi Phi reste splendide sur le papier — falaises, eau turquoise, point de vue à couper le souffle — mais l’île semble taillée presque exclusivement pour la fête, au détriment de tout le reste. Ce n’est pas que je n’aime pas faire la fête ; c’est que là, il n’y a quasiment plus que ça.

Une journée sous l’eau à Phi Phi Leh

Jour 13, 21 novembre

Réveil vers 10h, je traîne un peu au lit, petit café, puis une balade pour patienter jusqu’à 14h — l’heure du snorkeling. Direction l’école de plongée, où l’on me fait essayer palmes et combinaison, avant d’embarquer sur un long-tail boat. Nous sommes sept, plus Kim, notre guide, et le « capitaine », direction Phi Phi Leh.

Premier arrêt : Kim nous donne quelques explications, puis c’est le grand saut dans l’eau — seul bateau présent à cet endroit. Je ne m’attendais pas à une telle profondeur, mais la visibilité est excellente : un vrai régal, poissons multicolores, petits requins, et même une tortue. Génial.

Les falaises de Ko Phi Phi

On nage le long des falaises avant de rejoindre le bateau, ancré à une cinquantaine de mètres au large. En passant du bord de la falaise au large, la sensation de profondeur devient presque étrange — nager sans jamais apercevoir le fond, seulement du bleu à perte de vue.

Nous repartons vers la fameuse Maya Bay, la plage rendue célèbre par le film du même nom. On reste dans l’eau — 400 bahts pour poser un pied sur le sable, non merci. Beaucoup de monde, mais de très beaux poissons tout de même.

Cap sur le spot suivant, plus tranquille, une eau turquoise où des touristes se baignent gilet de sauvetage sur le dos. On m’annonce la possibilité d’apercevoir des bébés requins — je ne les verrai finalement pas. Dernier arrêt de la journée, pas vraiment pensé pour le snorkeling mais pour clore la sortie en douceur : un lieu magnifique, cerné de falaises, une eau d’une transparence parfaite. Excellent.

Sur le trajet du retour, le coucher de soleil sur les falaises achève de mettre plein les yeux. Au final, j’avais trouvé moins cher que l’agence « Adventure Club », pour un groupe restreint — parfois même seuls sur un spot —, fruits et eau à volonté. D’autres bateaux croisés en chemin affichaient 15 à 20 personnes à bord : clairement, j’ai fait le bon choix.

Retour à terre, j’achète mon billet pour Koh Lanta, avale une part de pizza, puis file au bar où joue un concert, avant d’enchaîner sur la boîte de plage et son spectacle de feu. Cette fois, je me lance sur la piste de danse. Retour au dortoir vers 2h du matin. Dodo.

Changement d’ambiance à Koh Lanta

Jour 14, 22 novembre

Petit déjeuner à l’américaine — bacon, œuf au plat, jambon, tartines et café pour 70 bahts. Départ ensuite à bord du ferry pour Koh Lanta, où les rabatteurs sévissent déjà à bord. L’un d’eux se révèle finalement utile : il me propose un dortoir à 300 bahts la nuit, près de la plage, avec piscine et transport inclus depuis le port. J’accepte.

Le dortoir est très propre, climatisé, partagé avec trois autres filles. Je dépose mes affaires et pars me balader — l’endroit est plutôt calme, une longue route bordée de magasins et de restaurants, rien de plus.

De retour au dortoir, j’échange un moment avec l’une des filles (Hermine), une Hollandaise — on compare nos voyages respectifs. Je repars ensuite voir la plage : calme, presque silencieuse, un vrai contraste avec l’ambiance électrique de Koh Phi Phi. Un dernier tour pour manger et me balader, puis retour au dortoir. Dodo. Petite journée, tranquille.

Kayak, cascades et feu de camp à Koh Lanta

Jour 15, 23 novembre

Debout vers 8h30, direction la réception du Sunny House, où je loge, pour louer un scooter à la journée (250 bahts). Direction le parc national — sauf que je me perds en chemin et me retrouve finalement dans les mangroves, tout au nord de Koh Lanta. J’y fais un tour en kayak (300 bahts), franchement agréable : mon kayak, moi, et le soleil pour seule compagnie. Résultat : un petit coup de soleil bien mérité. Je me balade encore un peu à pied dans les mangroves avant de reprendre la route, sur les conseils de la réceptionniste, vers un ancien village de pêcheurs.

J’arrive au sud de l’île : une simple rue bordée de maisons sur pilotis, reconverties en restaurants et boutiques. Je m’arrête manger — pour rejoindre la terrasse, il faut traverser plusieurs pièces, dont la cuisine elle-même, avant de déboucher sur une vue splendide sur la mer et les îles alentour. Vraiment joli.

Je repars à la recherche d’un « viewpoint » indiqué plus loin — qui s’avère n’être qu’un simple restaurant. Je continue ma route et tombe sur un panneau signalant des grottes. J’y accède par un chemin de terre, et croise Hermine, la Hollandaise du dortoir, accompagnée d’un Allemand : impossible pour eux de visiter, ils sont en tongs. Hermine m’apprend aussi qu’un guide est obligatoire pour y accéder (300 bahts). Je laisse tomber l’idée, mais reste un moment au resto voisin, le temps que la pluie se calme.

Direction ensuite une cascade — jolie balade en forêt, mais chute d’eau minuscule à l’arrivée. Un chemin grimpe au-dessus des chutes ; je m’y aventure et croise un homme qui en redescend. Il me prévient : juste un sentier qui longe la rivière, sans rien au bout, et des rochers très glissants — monter passe encore, mais la descente s’annonce plus corsée. Demi-tour après environ 200 mètres.

En redescendant, je m’engage sur chaque nouveau sentier qui se présente, un peu au hasard, au point de ne plus trop savoir où je me trouve. Je finis par suivre le cours de la rivière, qui me ramène sur le bon chemin. Je m’arrête un instant pour observer un éléphant, puis reprends la route jusqu’à une petite plage nichée dans une crique, où je m’accorde une pause contemplative. Direction le nord ensuite, avec un arrêt à un marché improvisé mais franchement sympathique.

Retour au dortoir, puis à la plage, avec l’idée de faire quelques figures d’acrobatie — mais trop de monde déjà installé. Je me pose plutôt dans un bar, une bière à la main, à profiter du coucher de soleil. Un peu de détente, ça fait du bien.

De retour au dortoir, plein de nouveaux arrivants — bonne ambiance. Hermine me propose d’aller manger avec elle, l’Allemand et un autre voyageur censé nous rejoindre ; on finit finalement à cinq. Ça fait du bien de partager un repas en groupe, même si tout le monde parle un anglais bien plus fluide que le mien, et que je perds parfois le fil de la conversation. Un des garçons nous quitte après le dîner ; les autres proposent de finir la soirée dans un bar avec billard.

Très bonne ambiance : partie de billard, bières, Jenga, et la serveuse qui nous offre un shot plutôt réussi. Sur le chemin du retour, on croise une fille du dortoir qui nous parle d’un feu de camp organisé sur la plage par d’autres voyageurs. On y fait un tour, une dernière bière à la main, bonne ambiance générale — mais il est temps d’aller dormir.

De Koh Lanta à Krabi, sans regret

Jour 16, 24 novembre

Bon, à part glander sur la plage sans rien faire, il n’y a plus grand-chose à voir à Koh Lanta. Direction Krabi, donc — un enchaînement de minibus et de ferrys qui n’en finit pas : minibus, ferry, minibus, ferry, minibus.

À l’arrivée, deux filles descendent avec moi. Je repère un hôtel affichant 250, 300 et 400 bahts la chambre selon la taille, et m’y installe sans même connaître son nom — 300 bahts pour la grande chambre, ventilateur et lit deux places, largement suffisant.

Je me pose un moment, le temps que la pluie se calme, avant de partir faire un tour. La ville a un petit côté ghetto, mais rien de dérangeant. Je retombe sur les deux Françaises croisées dans le minibus, au détour du marché — on échange quelques conseils sur ce qu’il y a à faire dans le coin, puis chacun repart de son côté.

Le marché vaut le détour : pas mal de stands de nourriture, de vêtements, et même un stand de tir à la fléchette — une ambiance de fête foraine improvisée. Puis dodo.

1237 marches, puis des lumières sur le fleuve

Jour 17, 25 novembre

Réveil tranquille — la météo annonce un temps maussade pour la journée, donc je ne sais pas trop quoi faire de mon temps. J’opte finalement pour Tiger Cave, son temple et son point de vue sur la montagne. Je cherche un bus pour m’y emmener, mais les moto-taxis me harcèlent ; je finis par en prendre un, au même prix de toute façon.

Arrivé sur place, un panneau annonce : « 1237 steps to top mountain ». Ça promet d’être fatigant sous ce soleil. Rien qu’en montant, j’en prends déjà plein la vue — et je ne suis pas le seul à grimper : plusieurs chiens font l’ascension avec la même détermination, certains montant, d’autres redescendant, et quelques-uns carrément installés là-haut comme s’ils y vivaient. Braves bêtes, s’infliger un tel effort. J’arrive en haut en sueur, évidemment, mais content — 20 à 25 minutes d’ascension. La vue est magnifique, dominée par une énorme statue de Bouddha en or. Aucun regret d’être monté. Je redescends et m’arrête pour manger un ananas et boire un coup.

Je découvre qu’il y a encore d’autres choses à voir, alors j’enchaîne avec un petit circuit dans la forêt : des lieux de prière, des arbres immenses, de petites grottes, et des chiens qui aboient dans mon dos en se rapprochant au fil de ma marche. Je me prête au jeu — un peu comme un « 1, 2, 3 soleil » improvisé : dès que je me retourne pour leur faire face, ils s’arrêtent net et restent parfaitement calmes, avant de recommencer sitôt que je continue mon chemin. Amusant, et surtout rassurant : visiblement, plus de bruit que de réelle menace. En redescendant les escaliers, un stand vend de la nourriture pour les singes — logique, ils sont partout ici.

Retour à Krabi Town, direction le marché. Là, des vendeurs à la sauvette me pressent d’acheter des sortes de couronnes tressées en feuilles de palmier et en fleurs, et même de petits cornets garnis d’une bougie et d’encens. Sur le moment, je ne comprends pas bien ce que tout ce monde vend, ni pourquoi — je me dis que je reviendrai voir ça de plus près en soirée.

Je passe un moment à l’hôtel, puis repars vers le marché pour manger : impossible, trop de monde, ça m’énerve, je pars chercher un resto ailleurs. Je mange, puis retourne au marché pour assister au lâcher de Krathong. Et là, ces lumières qui dérivent sur le fleuve — vraiment beau. Je fais le tour des vendeurs, mais je tiens à comprendre la signification de la chose avant d’en acheter un. Je tombe finalement sur quelqu’un qui m’explique : c’est une offrande pour remercier la déesse des eaux, en gros. J’apprendrai plus tard qu’il s’agit du Loy Krathong, une grande fête thaïlandaise célébrée à la pleine lune de novembre — sur le moment, je découvre tout ça sans en connaître le nom.

J’achète le mien (40 bahts) et le pose délicatement sur l’eau. Youpi. Je m’installe pour le regarder s’éloigner avec les autres. Et là, je remarque des enfants qui fouillent dans l’eau pour récupérer les pièces que certains glissent dans leur Krathong — sans que personne autour ne semble s’en étonner.

Je m’installe dans un bar rasta, discute un peu avec un Thaïlandais qui me confie que même si ces enfants sont pauvres, prendre cet argent leur porte un mauvais karma. Je parle ensuite un moment avec un Anglais, avant de rentrer me coucher.

Au final, une soirée de Loy Krathong vécue dans le calme — la prochaine fois, j’aimerais bien y assister dans une ville plus grande.

Le lagon caché de Railay

Jour 18, 26 novembre

J’hésite un peu sur le programme du jour, avant de me décider pour Railay. Il fait beau, pour le moment en tout cas. Railay n’est pas une île à proprement parler, mais reste accessible uniquement par bateau (150 bahts). Déjà depuis l’embarcation, les paysages sont superbes.

Arrivée sur place, je pars à la recherche du view point, me trompe de chemin, et tombe à la place sur une très belle plage. Demi-tour, direction le bon point de vue cette fois. Y accéder tient presque de l’escalade, mais dans le bon sens du terme. Une fois en haut, la vue est belle, sans plus — rien d’exceptionnel.

Je redescends vers le lagon. Là, pas mal de monde fait demi-tour avant même d’y arriver : la descente se transforme en véritable escalade, des rochers à la verticale, très glissants, sur environ 5 mètres, avec une corde tout aussi glissante pour s’aider. Je ne renonce pas, même si la descente est loin d’être évidente — ça glisse un maximum. Mais le jeu en vaut largement la chandelle : arrivé en bas, c’est encore plus beau qu’annoncé, un lagon entouré de falaises, peu de monde vu la difficulté d’accès. J’ai mérité cette baignade dans un lieu pareil.

Après ça, je remonte — dégoulinant de boue rougeâtre récoltée sur les rochers. La remontée est bien plus facile, mais pas pour tout le monde : je m’arrête en chemin pour aider quelques personnes en difficulté, en transformant mon propre corps en escalier improvisé pour faciliter l’ascension.

En redescendant vers la plage, je recroise un type déjà aperçu au lagon. Il me parle d’une grotte accessible en grimpant un peu, je le suis. Pour y accéder, il faut marcher une centaine de mètres dans la jungle derrière la plage — autant dire que peu de monde s’y aventure. Effectivement, les seules personnes croisées sur place sont des grimpeurs, restés concentrés sur leur paroi pendant qu’on part explorer les galeries. Plusieurs galeries s’enchaînent, offrant de superbes points de vue sur la plage — un très bon moment avec ce Russe et son ami suédois, je crois. Cool qu’il m’ait embarqué dans cette découverte.

Je reprends ma route de mon côté, l’estomac dans les talons, mais m’accorde d’abord un bain rapide pour me rafraîchir et me laver un peu. Repas avalé, retour vers Krabi — l’eau a bien baissé entre-temps, ce qui complique un peu la navigation des bateaux.

De retour à Krabi, une pause glace, puis direction l’hôtel : nettoyer les chaussures et prendre une bonne douche s’imposent. J’en profite pour réserver mon billet pour Koh Samui (500 bahts).

Dernier tour au marché de Krabi, dans l’espoir de dénicher un chapeau ou un pantacourt — sans succès, rien à ma taille. Je me rabats sur des pancakes thaïs, plutôt réussis, et vais les manger tranquillement au bord de la rivière. Retour à l’hôtel pour une dernière nuit à Krabi.

Beaucoup de choses à faire encore aux alentours de Krabi — mais pas le temps de tout caser.

Arrivée tranquille à Koh Samui

Jour 19, 27 novembre

Après un minibus, un bus, puis un autre minibus, me voilà à Koh Samui — à Nathon plus précisément. À peine débarqué, les taxis se jettent déjà sur moi, ça devient lassant. L’un d’eux me propose de m’emmener à l’autre bout de l’île, côté est, vers Hat Chaweng — là où ça bouge, entre bars et boîtes — pour la modique somme de 700 bahts. Bonne blague. Je préfère largement rester tranquille ici, quitte à repartir du même endroit plus tard.

Je trouve un hôtel à 300 bahts la nuit, chambre avec lit deux places et ventilateur. Ils louent aussi des scooters, 200 bahts la journée — pour demain, sans doute. Accueil très chaleureux, avec la première Thaïlandaise croisée depuis le début du voyage qui parle français.

Je fais un tour rapide dans le coin : pas grand-chose à signaler, un tout petit marché — uniquement des stands de nourriture — et quelques boutiques déjà fermées pour la plupart. Je me couche tôt ce soir.

Cascades, rochers et attrape touristes à Koh Samui

Jour 20, 28 novembre

Aujourd’hui, location de scooter pour visiter l’île (200 bahts), direction les cascades de Na Muang. J’arrive à la première : le parking est blindé de taxis et d’autres véhicules, ça sent l’attraction touristique à plein nez — et effectivement, ça l’est. Je contourne par l’autre côté de la rivière, où il n’y a personne ; un peu plus bas, des gens passent à dos d’éléphant.

Je repars vers la seconde cascade, un peu moins fréquentée puisqu’il faut marcher un peu et monter plus haut. J’y vais — et enfin, personne ! Je redescends vers l’endroit où l’on peut se baigner ; en chemin, des toboggans apparaissent… Je pique une tête rapide pour me rafraîchir, puis reprends la route vers le parking.

Je m’arrête manger une petite glace, et j’entends deux types demander si c’est loin, les cascades. Une femme leur répond : environ 1 km, mais vous pouvez prendre un taxi. Ils choisissent le taxi. Feignasses😂.

Au niveau du parking, on proposait aussi des photos avec un léopard, un tigre (bébé tigre), des balades à dos d’éléphant, des spectacles de singes ou d’éléphants… Ce genre d’attractions, très peu pour moi. Je reprends vite la route pour trouver Hin Ta et Hin Yai (littéralement « grand-père et grand-mère »), ces rochers censés porter ce nom. Un homme m’indique le parking, j’y vais, 10 bahts l’entrée… Et en arrivant devant Hin Ta Hin Yai, eh bien, ce sont juste des rochers — je m’attendais à des falaises, mais non.

Hin Ta Hin Yai

Un panneau indique un « Viewpoint », j’y vais, encore 20 bahts. Arrivé en haut : vraiment rien d’exceptionnel. Envie d’aller aux toilettes ? 5 bahts. J’ai de plus en plus l’impression qu’ici, le touriste n’est qu’un portefeuille sur pattes.

Je reprends la route à la recherche d’un village de pêcheurs, du moins c’est ce qu’annonçait le panneau. Sur place : magasins, restos, massages — en marchant dans la rue, j’ai l’impression qu’on ne voit en moi qu’un client de passage, jamais un simple visiteur. Les seules fois où j’aperçois la mer, c’est à travers la vitrine des restaurants.  Je continue sans trop savoir où je vais, en faisant le tour de l’île, avant de rentrer à l’hôtel. Il n’est que 15h ; je réfléchis à la suite.

Je repars finalement vers le sud de l’île. Je tombe sur un temple abritant un moine momifié — mais c’est tout ce que j’y verrai, la pluie s’invitant brutalement. Je m’abrite à l’entrée pendant vingt minutes, en compagnie d’un Français et d’une Canadienne, le temps que l’averse passe. Je reprends la route vers l’hôtel en voyant les nuages s’amonceler, et j’ai bien fait : je me prends quand même une bonne saucée en chemin.

Je pars chercher où manger. Un premier établissement ferme déjà ses portes ; j’en trouve un second, je commande, la serveuse me demande si je suis certain de mon choix — « c’est épicé ». Je tente ma chance : au final, excellent. Retour à l’hôtel, avant d’aller me coucher (la connexion est catastrophique dans ma chambre).

En conclusion, plutôt déçu par Koh Samui : beaucoup d’attrape-touristes, et les plages, je ne les ai même pas vues, alors que j’ai pourtant fait le tour complet de l’île. Les principaux sites sont indiqués, mais parfois très mal. J’espère que Koh Phangan tiendra davantage ses promesses.

Arrivée sur Koh Phangan

Jour 21, 29 novembre

Direction Koh Phangan. La femme à l’accueil du ferry se montre franchement désagréable… Le ferry accuse une heure de retard, mais ça y est, on embarque enfin — ça tangue à mort, mais on finit par arriver.

À peine débarqué, une femme m’accoste pour me proposer un hôtel : 400 bahts la nuit, plus 100 bahts de transport. Je lui explique que je cherche moins cher, dans le coin. Elle passe un coup de fil, et quelqu’un vient me chercher en scooter pour un dortoir à 300 bahts. Cool.

Le dortoir est très simple, mais la propriétaire est adorable — je suis seul occupant du dortoir ce soir-là. Je pars faire un tour du côté de Sala Thong, histoire de manger et de visiter un peu. Je grignote sur un petit marché, 50 bahts, puis marche pas mal, avant de faire demi-tour : la route que je suivais ne me ramenait pas vers la même ville.

Retour au Pen Hostel. Internet catastrophique, plutôt agaçant. Direction ensuite la plage pour m’entraîner un peu, avant de retourner au marché pour dîner.

Retour à l’auberge. Je pense louer un scooter demain — 150 bahts apparemment — pour faire le tour de l’île. Pour l’instant, l’ambiance semble plus accueillante qu’à Koh Samui, à une exception près : cette manie qu’ont tous les loueurs de scooter d’accoster tout le monde sans relâche. Ça, c’est lourd.

Pluie, cascades et une plage de Full Moon déserte

Jour 22, 30 novembre

Un ananas en guise de petit déjeuner, puis location de scooter, 150 bahts. Je flippe un peu, en repensant à tout ce que j’ai pu lire sur les arnaques locales, mais bon, on y va. Le loueur inspecte le scooter, prend des photos et une copie de mon passeport.

Il commence à pleuvoir. J’attends une accalmie avant de partir vers les cascades de Phaeng, mais je dois vite m’arrêter en route, la pluie devenant trop forte.

Je repars vers les cascades. Une chute impressionnante se dévoile de l’autre côté de la rivière, franchement déchaînée avec toute cette pluie. Je continue jusqu’au point de vue — une marche plutôt sympa, récompensée par une jolie vue en haut. Je redescends et m’arrête pour un café ; bien m’en prend, car la pluie se transforme aussitôt en véritable déluge.

Une fois l’averse calmée, je repars vers le nord de l’île. La pluie reprend de plus belle, je suis trempé jusqu’aux os ; je m’arrête pour manger et attendre une nouvelle accalmie. Le gérant du restaurant me parle de la Paradise Waterfall, à environ 2 km. Je m’y rends — la route d’accès est un peu dégradée, mais ça passe. Un débit d’eau impressionnant, mais une vue franchement moins belle que prévu, en partie masquée par des rochers. Je vais jeter un œil à la plage juste après le resto, mais la marée est si haute qu’il n’en reste plus la moindre trace.

Je reprends la route vers le sud, en longeant la côte — des vues superbes, quelques arrêts pour admirer des plages au passage. Les routes sont goudronnées mais parsemées de trous et de bosses de sable ; mieux vaut rester attentif. En chemin, je croise un couple : la fille se casse la figure à scooter. Rien de grave, juste une égratignure à la jambe à cause du sable, mais je n’imagine même pas la note qui l’attend pour les dégâts sur l’engin.

Je continue vers le sud, entre montées et descentes, un vrai régal pour les yeux. J’arrive à Haad Rin, la fameuse plage de la Full Moon Party — étonnamment calme, plutôt petite, sans doute à cause de la marée haute. J’en profite pour me baigner dans des vagues, chose plutôt rare dans le coin. Le soleil revient enfin, ça fait un bien fou. Quelques figures d’acrobatie pour couronner le tout.

Je reprends la route en admirant le paysage, jusqu’au moment redouté : rendre le scooter. Finalement, tout se passe bien — pas de rayure, pas d’entourloupe de dernière minute. Retour à l’auberge, puis direction le dîner.

Au final, Koh Phangan est une belle île. Je regrette de n’avoir vu que la côte ouest — la majeure partie de la côte est ne s’atteignant qu’en bateau — mais l’île a su rester sauvage, avec de superbes paysages et des habitants nettement plus chaleureux qu’à Koh Samui, à mon avis. Demain, départ pour Koh Tao vers 12h30 : deux heures de bateau, avec le risque que le trajet retour Koh Tao–Chumphon soit encore plus long.

De retour sur le trapèze, à des milliers de kilomètres

Jour 23, 1er décembre

Direction Koh Tao aujourd’hui. Après 2h de ferry, me voilà arrivé. Je pars à la recherche du Backpacker Hostel, une des auberges les moins chères de l’île. Je commence à marcher, puis une moto-taxi s’arrête : l’auberge est encore à 4 km, je monte avec le chauffeur pour 100 bahts. En chemin, j’aperçois un trapèze volant installé en plein air — mon ancien métier, forcément, ça m’intrigue.

J’arrive à l’auberge, 300 bahts la nuit, ça va, plusieurs dortoirs disponibles. On me donne de quoi faire mon lit ; je pose mes affaires, puis pars manger et voir ce fameux trapèze volant de plus près.

Sur place, je discute avec Gemma, la propriétaire, et Elisa, une cliente belge qui à son magasin de plonger sur l’ile. Toutes les deux sont ravies de tomber sur quelqu’un qui connaît le milieu — moi tout autant, de pouvoir en parler avec des gens du métier après tout ce temps.

On échange nos contacts avant que tout le monde ne reparte ; on me propose même de revenir le lendemain si la météo le permet.

Je me renseigne sur le snorkeling : certains spots sont accessibles seul, donc je pense louer un scooter et le matériel pour enchaîner plusieurs endroits, avec peut-être un trek dans la jungle au programme.

Je termine la soirée sur la plage, entre quelques jongleurs de feu — différents de ceux croisés à Phi Phi, avant de rentrer à l’auberge. Nous ne sommes que deux dans un dortoir de huit : un joyeux bazar là-dedans, mais tout le monde s’en accommode sans problème. Beaucoup de touristes, des stands de boissons et de buckets à chaque coin — une ambiance sympa, même si je m’attendais à quelque chose d’un peu plus calme et aéré.

Koh Tao, entre pollution et bonnes surprises

Jour 24, 2 décembre

Réveil dans le calme, direction location de scooter et matériel pour snorkeling, pendant que tout le monde dort encore dans le dortoir. Cette nuit, le ventilateur faisait un bruit infernal, sans parler d’un couple rentré vers 4h du matin, entre rires et lampe torche allumée… mais bon.

Location du scooter (150 bahts) et du matériel de snorkeling (100 bahts, palmes-masque-tuba, plus 100 bahts de caution).

Premier arrêt un peu par hasard : Tanote Bay. La route pour y accéder est vraiment dégradée — du macadam par endroits, sinon terre, sable et cailloux — mais ça passe. La plage est plutôt tranquille, peu de monde, mais la mer est agitée, de bonnes grosses vagues, une eau légèrement trouble. Pas mal de poissons de toutes les couleurs cependant, dont certains vraiment énormes. Plutôt un bon spot.

[image : Tanote Bay et ses vagues]

Direction ensuite Ao Leuk. À l’arrivée, la plage est plutôt sale — résidus de plastique, déchets divers, et pas mal de vagues aussi. Dans l’eau, même constat : les coraux et les poissons sont jolis, mais noyés sous trop de déchets. En revenant vers la plage, je traverse un passage jonché de sacs plastiques, de seaux, de bouts de corde — dégueulasse, à un point tel que je dois slalomer entre les débris. Je ne m’attarde pas.

En repartant, je tombe sur Shark Bay, accessible en traversant un petit resort en bord de mer, entre les bungalows. Pas mal de poissons, mais je préfère ne pas trop m’éloigner à cause de mes affaires laissées sur place, et je repère des bateaux au loin dont j’ignore les courants — je ne reste donc pas bien longtemps. Pas l’occasion d’apercevoir de requins, dommage.

Après ça, l’envie me prend de retourner faire un tour au trapèze volant. Je rentre à l’auberge : Gemma et Elisa m’ont écrit pour m’annoncer un cours à 14h30, en me précisant que j’étais le bienvenu. Je m’y rends, m’entraîne un peu en attendant que tout le monde arrive. Une belle session, dans une ambiance vraiment détendue.

Le cours terminé, Gemma nous offre une bière. Je discute avec Elisa, qui me propose de venir boire un verre chez elle après avoir rendu mon matériel de snorkeling.

On s’arrête à son école de plongée au passage. Elle vit vraiment en pleine jungle, un cadre très calme avec une vue superbe. On parle beaucoup de trapèze, mais aussi de nos impressions respectives sur la Thaïlande, en compagnie de son copain Pierre. Je rentre à la nuit tombée, prudent sur la route, direction l’auberge pour dîner, puis dodo.

Koh Tao, une belle rencontre pour finir

Jour 25, 3 décembre

Réveil, petit déjeuner, puis direction la location de scooter pour prévenir que je le garde un jour de plus. Je tente ensuite d’aller voir quelques spots conseillés par Elisa. Le premier s’avère être un chemin privé — demi-tour, je le rejoindrai plus tard par un autre accès.

Je pars faire une petite balade le long des plages. L’ensemble reste très nature et sauvage, malgré la présence de plusieurs resorts en chemin ; les criques, elles, sont magnifiques et bien entretenues, avec très peu de monde. Je m’arrête successivement à Jansom Bay, Sai Nuan Beach, Sai Nuan Bay, puis Cape Ja Te Kang, où je m’accorde une petite baignade pour me rafraîchir.

Retour dans l’autre sens — je galère un peu à retrouver l’endroit où j’ai garé le scooter, mais je finis par le récupérer.

Je retourne à Flying Trapeze Adventures. Un bon moment tous ensemble : on discute, on voltige un peu, Gemma me donne quelques conseils avisés. Une belle session, portée par une super ambiance.

Le cours terminé, Gemma doit filer — au revoir. Elisa me propose ensuite de venir boire un verre chez elle. On papote encore un long moment avec elle et son copain, qui nous fait écouter un de ses mix DJ.

Je repars enchanté d’avoir croisé la route de ses personnes. Retour à la location de scooter : tout est en ordre, aucune rayure à signaler.

Je quitte Koh Tao demain : 850 bahts pour le bateau et le bus de nuit, départ à 14h30, arrivée à 5h30 — de quoi économiser une nuit d’hôtel au passage. Le côté touristique de l’île n’est pas vraiment ma tasse de thé, mais l’endroit reste réputé pour la plongée, ce qui explique cette affluence. Dès qu’on s’éloigne un peu de Sairee, l’ambiance redevient nettement plus calme. De bien belles rencontres sur cette ile de Koh Tao.

Le bus de nuit, dernière étape avant Bangkok

Jour 26, 4 décembre

Départ pour Bangkok prévu à 14h aujourd’hui. J’espérais profiter de la plage ce matin, mais il pleut, et pas qu’un peu. Un pickup vient me chercher, direction le port.

Le bateau est déjà là. Même si je n’ai pas fait tant de choses que ça à Koh Tao, un petit pincement au cœur en quittant l’île, à cause de ces belles rencontres.

Après environ 3h de bateau, on arrive au port. Trois heures à tuer avant le bus, alors je pars me balader dans la ville, typiquement thaïe. Sur une place, une sorte de cours de danse en plein air pour rester en forme, pendant que des jeunes enchaînent foot et tennis-ballon sur un filet de badminton — plutôt doués, d’ailleurs. Beaucoup de sourires et de petits bonjours sur mon passage.

21h, une sorte de pickup-bus vient nous récupérer pour rejoindre le bus de nuit. On monte à bord — une ambiance un peu salon, mais l’espace manque. Le bus reste plutôt classe malgré tout.

Anniversaire du roi et chaos sur Khaosan Road

Jour 27, 5 décembre

Arrivée à Bangkok vers 5h30. Les chauffeurs de taxis se ruent sur les gens qui descendent du bus, mais je m’en tiens à mon plan : direction Khaosan Road, à pied. À peine dans la rue, l’ambiance ne me séduit pas franchement — les hôtels sont bon marché, sans pour autant être bien accueillants. Je m’installe pour un petit déjeuner, le temps de réfléchir à où poser mes affaires.

Je finis par réserver un lit au 3 How Hostel, 300 bahts la nuit, pas loin de Khao San. Le check-in n’est qu’à 14h, il est 8h — je patiente dans le petit salon, en profitant du wifi. Vers 9h30, je me décide à sortir, et tombe sur un habitant du coin qui engage la conversation et me conseille plusieurs endroits à voir. Vraiment sympa.

Il arrete un tuk-tuk et négocie le prix pour moi : 40 bahts seulement pour tous ces endroits, une aubaine qui s’explique par l’anniversaire du roi. Direction donc le Grand Bouddha, Lucky Buddha, avec un détour obligatoire par un magasin de costumes — le chauffeur touche 5 litres d’essence offerts en échange de cet arrêt. Ce jour-là, l’effervescence est totale : tout le monde porte un t-shirt jaune pour l’occasion.  Le chauffeur m’arrête finalement près du Grand Palais, où se joue un match de boxe thaïe en plein air, entouré de stands de nourriture — pas un seul touriste à l’horizon. Je profite pleinement du spectacle , avant de rentrer à l’hôtel.

Un homme m’arrête simplement pour m’expliquer le programme de la soirée, sans jamais chercher à me vendre quoi que ce soit — ça fait du bien. Un policier fait de même, m’informant qu’il y aura de la boxe thaïe gratuite ce soir. Accueil chaleureux tout du long.

Je galère un peu à me connecter au wifi de l’auberge, mais j’y arrive finalement : Elisa m’a écrit sur Facebook, on échange quelques messages. Direction ensuite le parc pour les célébrations de l’anniversaire du roi. Je me retrouve d’abord bloqué une bonne vingtaine de minutes sur un trottoir — sans doute le passage de quelque personnalité. J’arrive enfin au parc : étonnamment peu de touristes, tout le monde arbore un t-shirt jaune que, de mon côté, je n’ai jamais réussi à dénicher.

Je mange sur place, puis la foule entière se lève : l’hymne national résonne, un moment magnifique à la lueur de centaines de bougies, suivi d’un feu d’artifice. Vraiment beau à vivre.

Je file ensuite vers la boxe thaïe : longue attente avant le premier combat, les deux premiers matchs ressemblant plus à de la bagarre qu’autre chose, suivis d’un match féminin puis d’un combat entre ados. Je ne m’attarde pas jusqu’à la fin et repars vers Khaosan.

Là-bas, ambiance électrique : massages, spectacles douteux, propositions en tout genre — un vrai capharnaüm, chaque bar rivalisant de décibels avec le voisin. C’est précisément à cet instant que je me félicite de ne pas avoir pris de chambre dans cette rue. Je finis par dénicher un bar plus tranquille, musique live, 120 bahts la pinte de Chang, avant de rentrer à l’auberge.

Le plus grand marché du monde, et un tuk-tuk collant

Jour 28, 6 décembre

Après un petit déjeuner inclus dans le prix (ça fait toujours plaisir), direction Chatuchak Market, sur les conseils d’Elisa — un trajet en bus de ville. Le marché est absolument immense ! Une profusion de vêtements pour tous les goûts, mais aussi beaucoup de monde, locaux comme touristes mélangés. J’achète un t-shirt et un débardeur, en négociant bien sûr. Retour à l’auberge ensuite — je doute d’avoir exploré toutes les allées, mais j’en ai déjà vu pas mal, alors tant pis, on avance.

De retour, je me motive à tenter le Lebua Bar (bar du film « Very bad trip »), réputé pour sa vue sur tout Bangkok depuis un rooftop — mais plutôt cher. Je m’habille un minimum correctement et me lance. Un tuk-tuk me propose 300 bahts, non merci, au revoir ; les taxis affichent des tarifs similaires. Je pars à pied. Le même tuk-tuk me suit un moment, baissant son prix au fil de la route, mais je tiens bon. Sans plan sous la main, je finis par abandonner l’idée pour aujourd’hui — ce sera pour demain. Direction plutôt un bar tranquille à Khaosan pour boire un verre, avant de rentrer à l’auberge.

Un Ricard à 400 bahts, Vue sur Bangkok depuis le Lebua Bar

Jour 29, 7 décembre

Je me sens un peu barbouillé ce matin — sans doute un souvenir peu frais de la street food de la veille, les risques du métier 😂. Je squatte l’auberge jusqu’à midi, puis pars pour le centre commercial MBK en bus. Je marche un peu, rate le bus que je visais, tant pis, j’en prends un autre. Arrivée au MBK : un centre commercial immense, cinq étages, mais un centre commercial reste un centre commercial… J’en profite quand même pour m’acheter un chapeau et un bonnet, 500 bahts les deux, avant de filer vers le Lebua Bar.

Je galère un peu à trouver le bon bus, mais ça passe — il ne dépose pas juste devant, donc un peu de marche s’impose. Sur place : un grand hall plutôt vide, deux ou trois boutiques, puis direction l’ascenseur, avec un accueil impeccable du rez-de-chaussée jusqu’au sommet.

Arrivé en haut, la vue est magnifique. Je m’installe au bar, toujours aussi bien accueilli. 400 bahts le Ricard — un tarif qui pique pour la Thaïlande, mais le cadre le vaut largement : gratte-ciel, fleuve, et un calme surprenant pour Bangkok. Une vraie belle expérience.

Je repars, attends un bon moment le bus du retour, sans trop savoir où descendre — je finis par descendre en retard, mais peu importe : 17 bahts contre les 300 qu’aurait coûté un taxi pour tout le trajet. Je prends finalement un taxi pour la dernière portion, 40 bahts jusqu’à Khaosan Road.

Je m’installe dans un bar avec un petit concert, le même que l’autre jour — deux mojitos, puis je change d’ambiance pour une bière ailleurs, avant de rentrer à l’auberge. Je termine la soirée sur place, un verre à la main, histoire de profiter pleinement de cette dernière soirée.

Un mois qui s’achève

Jour 30, 8 décembre

Dernier jour en Thaïlande, toujours un peu ballonné après les excès de la veille. Je prends mon temps pour quitter l’auberge, et ne bouge finalement que vers 11h30, direction le parc Lumpini, à Bangkok, en bus local. Je galère un peu pour trouver le bon arrêt, mais j’y arrive : direction d’abord un repas, pas grand-chose dans le coin à part une sorte de centre commercial — plutôt bon, au final.

Au parc, sans la force de le parcourir en entier avec mon gros sac sur le dos, je m’installe simplement dans l’herbe. J’en profite pour savourer la tranquillité du lieu, en repensant à ce mois qui vient de filer — bien trop vite à mon goût. En repartant, je tombe sur un varan hors de l’eau, comme un dernier clin d’œil du voyage : j’espérais justement en apercevoir un avant de partir. Il retourne se glisser dans l’eau, je le suis un instant du regard, puis prends la direction de l’aéroport en métro.

J’arrive largement en avance, sans le moindre souci pour enregistrer les bagages. J’en profite pour un dernier achat souvenir : de la baume du tigre. Il me reste tout juste de quoi la payer, plus vraiment de quoi manger — tant pis, il me reste un paquet de gâteaux pour tenir. Je me connecte au wifi de l’aéroport pour tuer le temps qui reste.

17h50, embarquement. 18h50, décollage. Ça y est. Un mois qui s’achève, la tête pleine de souvenirs, et de belles rencontres qui resteront gravées.

Retour à la vie réelle

Jour 31, 9 décembre

Atterrissage vers 7h du matin. J’ai réussi à dormir un peu dans l’avion, entre deux films. Au débarquement, je file récupérer mes bagages — et là, la panique : j’ai oublié mon chapeau dans l’avion ! Ce n’est qu’un souvenir sans grande valeur, acheté pour trois fois rien, mais j’y tiens quand même un peu. Je montre mon billet à une dame de la sécurité, qui accepte gentiment d’aller le récupérer pour moi.

Direction ensuite la récupération des bagages, puis le RER, pour me replonger dans le quotidien parisien. Choc thermique brutal : environ 7°C ici, contre 25 à 30°C la veille encore. Ça y est, la Thaïlande semble déjà loin. Retour à la vraie vie.