Quinze jours pour descendre puis remonter l’île, en train, en bus et en tuk-tuk. La première semaine se fait à deux, avec mon ami Mathieu. Après son départ, le voyage continue en solo vers le sud profond puis les hauteurs du centre, avant de boucler la boucle sur la côte.
Départ de Dubaï, premier contact avec les trains sri-lankais
Premier voyage que je fais accompagné : départ de Dubaï avec Mathieu à 23h. Lui n’est pas très serein en avion, mais on arrive quand même à dormir un peu, une heure et demie à deux heures chacun. Atterrissage à Colombo à 4h50, puis petit couac administratif : mon ETA (l’autorisation de voyage électronique) comporte une faute sur mon numéro de passeport, il faut tout refaire et repayer 40$. Voilà qui est réglé. À peine sortis, nous croisons une Française mais décidons de ne pas faire route avec elle, et filons vers Kandy.
Tuk-tuk jusqu’à Negombo, puis train pour Colombo — Mathieu est frappé par la pauvreté qu’on aperçoit le long des voies. Le train, presque vide au départ, est bondé à l’arrivée. Aux abords de la gare de Colombo, dépaysement total : on cherche quel train prendre pendant que les tuk-tuks nous assaillent. Le stand touristique annonce 500 Rs le billet pour Kandy ; au guichet normal, 190 Rs pour exactement le même trajet.


Le voyage vaut le détour à lui seul : fenêtres et portes grandes ouvertes, je passe mon temps à faire des allers-retours entre mon siège et la porte pour prendre des photos pendant que Mathieu se repose. Le train, jamais très rapide, avec ses têtes qui dépassent de toutes les ouvertures et ses ventilateurs de plafond, donne l’impression qu’il pourrait dérailler à tout moment — rustique, mais étonnamment agréable. Arrivée à Kandy, où le harcèlement des tuk-tuks commence aussitôt. On finit par céder à l’un d’eux pour une guesthouse à 4000 Rs pour deux — pas exceptionnelle, mais on n’a plus la force de chercher ailleurs. Petite balade dans le centre-ville, plutôt pittoresque, puis sieste, dîner et retour à l’hôtel.



Le Temple de la Dent et un très long trajet vers Ella
Direction le Temple de la Dent de Bouddha — un jour un peu particulier semble-t-il, vu le nombre de locaux venus déposer des offrandes. 1500 Rs l’entrée, et une petite déception : pas d’explications en anglais, difficile de savoir à quoi correspondent les différents lieux et statues. Quand la foule se densifie, les Sri-Lankais n’hésitent pas à pousser un peu, pas vraiment agréable et surprenant.
Tuk-tuk ensuite vers le Bouddha blanc (800 Rs l’aller-retour) : en haut, il faut laisser ses chaussures, et un homme réclame un peu d’argent pour les garder — on cède, 100 Rs chacun. L’entrée du site elle-même coûte encore 250 Rs. Ici, rien n’est jamais tout à fait gratuit.


Retour à la gare pour le premier train vers Ella, vers 11h45. Le wagon est noir de monde, aucune place assise, mais des jeunes se mettent à chanter et jouer de la batterie improvisée sur les parois près des portes — d’autres les rejoignent, concert spontané garanti. Après 3h30-4h, on finit par dénicher une place assise directement à la porte, pieds dans le vide face aux paysages qui défilent. Le trajet est interminable — six heures au total — mais les paysages font oublier la fatigue. Arrivée à Ella, recherche d’une guesthouse, on en trouve une sympa à 4000 Rs la nuit, deux chambres, et on ne bouge plus pour le reste de la soirée.

Randonnée à Ella’s Rock, entre rails et plantations de thé
Départ vers 8h30 pour Ella’s Rock, une très jolie balade qui commence par une marche sur les rails du train. Quelques locaux demandent de l’argent, parfois sans détour : une femme lance « Money » à Mathieu, qui, n’ayant pas compris, lui répond poliment « How are you? » — silence gêné de la dame, fou rire garanti une fois l’explication comprise.


On quitte les rails pour traverser des plantations de thé puis la forêt, avec une vue magnifique sur les montagnes malgré un ciel un peu couvert en altitude. Arrivés à Ella Rock, quelques touristes, des chiens quémandeurs et même une buvette de fortune. Au point de vue suivant, les nuages masquent complètement le paysage — on patiente, et le vent finit par dégager quelques échappées. Les cascades plus loin ne sont malheureusement pas accessibles depuis cette route. Retour vers Ella à travers les plantations de thé, ponctué d’un fou rire supplémentaire au passage d’une vache sur le chemin.




Le soir, réflexion pratique : se déplacer au Sri Lanka n’est pas si simple — les mini-vans coûtent cher à deux, le train est bon marché mais lent et ne dessert pas tout. On se dit qu’un tour en jeep dans un parc national pour voir des éléphants, un souhait de longue date pour Mathieu, pourrait être une bonne suite au programme. Petite pause dans la ville pour tenter de changer de l’argent (échec), mais une rencontre inattendue : une petite fille me réclame un stylo (« School pen »), je lui donne le mien et en rachète un aussitôt. Soirée tranquille, petit concert improvisé à l’hôtel.


Éléphants à Udawalawe, cap sur Tangalle
Direction le parc national d’Udawalawe pour voir des éléphants — moins cher et moins touristique que les autres parcs, et sur la route vers Tangalle. On se laisse convaincre par un chauffeur de taxi de faire le trajet directement plutôt qu’en bus (4000 Rs, on se fait un peu avoir sur le prix mais c’est plus rapide, et Mathieu, un peu barbouillé, n’est pas fâché d’éviter un trajet interminable et secoué en bus). On partage la route avec une famille québécoise, quelques mots échangés en chemin.
À l’entrée du parc, les chauffeurs de jeep nous alpaguent, mais on prend le temps de comparer : entre 5000 Rs pour 2h30 et 4500 Rs pour 3h-3h30, on choisit la seconde option. Entrée du parc à 2700 Rs pour deux plus le guide. Dès les premières centaines de mètres : un éléphant, puis deux autres plus loin, des oiseaux — notre guide a l’œil, il repère le moindre lézard ou buffle. Paysages superbes, dont un lac cerné d’arbres morts où somnole un crocodile immobile. Sous un grand arbre — seul endroit où descendre de la jeep est autorisé — un gros éléphant se rapproche doucement avant de disparaître dans les arbres. Plus loin, un autre continue de s’approcher, moment vraiment magique. Dommage de ne pas avoir croisé de troupeau, mais l’expérience reste excellente.






Parc national d’Udawalawe
Sortis du parc, direction Tangalle en bus — sauf qu’aucun bus n’y va directement, et les explications en anglais très limité ne clarifient rien. Sur la route, on croise encore un éléphant, tout près derrière les barrières du parc. Après plusieurs tuk-tuks insistants, on finit par céder pour environ 70 km de trajet — finalement à peine plus d’une heure. Dépose directe dans un hôtel pas cher (2000 Rs la nuit) très proche de la plage, mais la salle de bain n’a qu’un rideau en guise de porte — plus adapté à un couple. Après avoir visité cinq ou six adresses en quête d’une vue sur mer, on se rabat sur une chambre à 2000 Rs avec vue partielle et deux lits séparés. Petit tour en ville (banques fermées, marché local) puis soirée tranquille, resto et bière.

Tortues à Polhena
Location d’un scooter à l’hôtel (1000 Rs la journée) pour filer vers Mirissa, avec quelques arrêts plage en chemin. Premier arrêt décevant : à peine le sable foulé, des gamins nous crient « Money… » puis nous jettent des cailloux — question de culture sans doute, mais ça reste énervant. On reprend la route jusqu’à Polhena, une petite plage plus tranquille où locaux et touristes se mélangent. Un vendeur nous propose masque, palmes et tuba pour 600 Rs ; Mathieu se laisse convaincre de faire du snorkeling avec moi, pas franchement emballé à l’idée de mettre un tuba de location en bouche — moi non plus, si je suis honnête, mais l’envie de voir ce qu’il y a sous l’eau l’emporte.
Le fond marin n’a rien d’exceptionnel — essentiellement des coraux morts — mais à peine dix minutes après la mise à l’eau, on tombe sur une tortue énorme, absolument pas farouche. On l’observe pendant près d’une heure, rejoints par deux ou trois locaux, dont l’un me donne une sorte d’algue pour la nourrir. Une deuxième tortue, plus craintive, ne se laisse pas approcher, ni celles qu’on croise ensuite lors d’une deuxième tentative dans une zone plus agitée. Belle expérience malgré tout — pour de meilleures conditions, il faudrait sans doute aller plus au large, vers la petite barrière de corail.

Retour vers Tangalle en repérant au passage un bar recommandé par une collègue. Le soir venu, on s’y rend en tuk-tuk : en mentionnant le nom de notre collègue à la patronne, Ingrid, l’accueil devient immédiatement chaleureux — elle nous montre même une vidéo d’un petit spectacle improvisé par notre collègue et son compagnon lors d’un précédent passage. Fin de soirée animée : Ingrid nous offre un mojito, et un tuk-tuk nous ramène à l’hôtel.

Rock Temple et farniente à Tangalle
On prolonge d’une nuit à Tangalle et relouons le scooter pour la journée. Petit-déjeuner les pieds dans le sable, puis départ à la recherche du « Rock Temple ».

Pas facile à trouver, deux fausses pistes avant d’y arriver. 500 Rs l’entrée pour ce qui s’avère être des statues de Bouddha nichées dans des grottes à flanc de falaise. On croise des singes en chemin. Un petit musée annexe propose un bracelet de Bouddha tressé accompagné d’une prière — suivi d’une demande d’offrande à peine voilée (des billets de 1000 négligemment posés en évidence pendant la cérémonie). 500 Rs plus tard, le gardien disparaît aussi vite qu’il est apparu.


Direction ensuite Rekawa Lagoon, pas évidente à trouver, avant de tomber sur un petit restaurant de plage niché au milieu de bungalows. Calme absolu : ni tuk-tuk, ni klaxon, ni moteur — juste le bruit des vagues. La serveuse nous demande notre Facebook, curieusement. Balade sur l’immense plage quasi déserte, où un Sri-Lankais très sympathique nous montre ses bracelets faits main en coquillages ramassés sur place — Mathieu craque pour l’un d’eux (500 Rs).


Petit détour en ville avant de rendre le scooter pour que Mathieu trouve quelques souvenirs : les propriétaires de la boutique sont adorables, la femme connaît quelques mots de français et m’apprend en retour comment dire merci en cingalais. Le soir, retour au Lounge — orienté plein sud, on n’y verra jamais le coucher de soleil, mais l’ambiance et la compagnie valent le déplacement. Dernière soirée tranquille avec Ingrid et son équipe, les pieds dans le sable, à se remémorer la première partie du voyage.
Au revoir Mathieu, cap seul vers Deniyaya
Jour du départ pour Mathieu. Petit-déjeuner tranquille puis tuk-tuk vers la gare routière, où l’on trouve un bus climatisé express pour Colombo (2h30, parfait pour sa correspondance). On se dit au revoir, et le voyage continue en solo.
Après quelques recherches, je trouve un bus direct pour Deniyaya sans correspondance (105 Rs). Vide au départ, il se remplit vite — je suis le seul étranger à bord, et ma présence à la fenêtre suscite pas mal de sourires, de saluts et de petits chuchotements amusés entre voisins, surtout du côté des enfants, ma voisine de siège en vient même à s’endormir sur moi. Rien de méchant, plutôt touchant même : les gens semblent plus accueillants dans cette partie de l’île, moins habituée aux touristes. En descendant, personne ne me harcèle pour un tuk-tuk — un vrai soulagement.


Légende
Je finis par trouver une auberge de jeunesse, « Rural Jungle Forest » — le nom ne ment pas : douche extérieure, dortoir de quatre lits fermé par un simple rideau, mais 900 Rs la nuit et une ambiance qui me convient très bien. Je rattrape mon retard sur le carnet de voyage, puis pars me balader en ville — accueil souriant partout. De retour à l’auberge, je fais connaissance avec mon compagnon de chambre, un Australien, et on prévoit de partager un guide le lendemain pour la forêt de Sinharaja. Repas tardif donc pas mal de resto fermé, je continue de tourner jusqu’à se qu’un homme s’arrête en scooter, m’emmène spontanément dans une petite cantine, et me propose de passer à son magasin de fruits le lendemain pour échanger quelques mots d’anglais. Nuit un peu agitée entre les chants du temple voisin et les discussions du salon commun.
Sinharaja Forest et la générosité de Chandana
Réveil brutal à 6h avec une porte en métal de la boulangerie voisine qui vient se claquer sans cesse, douche froide en extérieur pour bien se réveiller. Départ en tuk-tuk pour la forêt tropicale de Sinharaja avec mon compagnon de chambre et un guide plutôt sympathique, qui repère le moindre animal et connaît une foule de plantes médicinales. Au menu : lézards, mille-pattes, singes, macaques, et un serpent impressionnant — une vipère de bien deux mètres croisée sur le chemin du retour. Halte repas à la première cascade ; le guide propose ensuite une excursion supplémentaire à 3000 Rs vers une autre chute, que je décline poliment. Deuxième cascade, quelques touristes et locaux qui sautent depuis les rochers — j’aurais dû prévoir maillot et serviette. Sur le chemin du retour, pas mal de deux-roues croisés : le guide explique qu’un village isolé dans la forêt n’a que ce sentier pour tout accès. Balade au final agréable, même si je peine à comprendre pourquoi un guide est obligatoire sur des chemins somme toute assez simples — 3000 Rs tout compris pour la matinée.



L’après-midi, direction les cascades et le point de vue de Samangala à vélo (600 Rs de location), avec un détour d’abord chez Chandana, rencontré la veille. Sa femme et ses deux enfants m’accueillent en attendant son retour ; je jongle avec des fruits et légumes trouvés sur l’étal pour amuser la petite famille, et son fils s’essaie à son tour. Chandana arrive, visiblement ravi de me voir, et le petit groupe s’agrandit — thé partagé, discussions. Ma cigarette, dont je range le mégot dans un petit sac plutôt que de le jeter, surprend beaucoup Chandana et sa femme (qui, eux, jettent sans complexe).
Direction Samangala malgré l’heure qui tourne — la montée démarre fort, et presque tous les gens croisés en chemin me dévisagent, mi-amusés mi-inquiets, avant de finalement sourire ou saluer. La pluie s’invite, puis la nuit tombe avant même d’atteindre le sommet — je fais une croix sur le coucher de soleil, les cuisses en feu, et redescends lentement à la seule lueur de ma frontale. Deux hommes en moto s’arrêtent, croyant à un problème ; un peu plus loin, un autre insiste pour m’éclairer avec ses phares jusqu’au village suivant, avant de repartir sur un « take care! » chaleureux — la gentillesse locale, encore et toujours.
Arrivé entier à l’auberge vers 19h30, douche rapide puis retour chez Chandana à pied : accueil tout sourire, apéro dans le jardin (lui à l’alcool local, moi à la bière), et discussion sur son envie de trouver du travail à Dubaï. Sa femme nous prépare ensuite un repas généreux — riz au curry, poisson, pommes de terre —, et je me couche la tête pleine de nouvelles saveurs découvertes dans la journée : bananes, fruits inconnus, poisson grillé et alcool local. Belle soirée.


Une journée entière dans les bus
Journée surtout logistique, direction Nuwara Eliya via plusieurs correspondances hasardeuses — aucun bus direct, des indications qui se contredisent d’un arrêt à l’autre, un anglais très limité côté locaux. Après plusieurs changements (Embilipitiya, Thanamalwila), je comprends qu’il me faudra finalement passer par Wellawaya, mais pas de bus avant le lendemain. Je cède à la proposition d’un hôtel un peu plus cher que d’habitude (2500 Rs) — le plus propre depuis le début du voyage — plutôt que de continuer à chercher. Rien de notable pour le reste de la journée, mais ça fait partie du jeu quand on voyage en bus local.
Nuwara Eliya sous la pluie
Réveil à 3h45 pour le bus de 6h30 — et comme prévu, personne à la réception pour récupérer mon passeport avant l’ouverture. Frustration garantie : je rate mon bus et prends le suivant, à 7h30. Arrivée à Nuwara Eliya vers 10h30, accueil chaleureux au Hi Lanka Hostel malgré une chambre pas encore prête. Le temps d’un thé, je fais connaissance avec les autres voyageurs — beaucoup d’Allemands ce jour-là.
L’après-midi, direction une cascade par un chemin assez escarpé — sympa mais sous la pluie. Il paraît possible de grimper au sommet de la chute, par un passage presque relevant de l’escalade, glissant avec la pluie. J’y monte, la vue est superbe, mais je ne m’attarde pas trop longtemps face à l’averse qui forcit. La descente, encore plus délicate, se termine sans encombre — récompensée par une bonne douche chaude à l’auberge. Repas collectif avec tout le monde, ambiance conviviale, puis quelques bières avec le propriétaire des lieux en fin de soirée avant de filer se coucher — départ prévu à 5h le lendemain pour Horton Plains.




Horton Plains et World’s End
Lever aux aurores (4h30) pour Horton Plains avec une dizaine d’autres voyageurs de l’auberge, tous encore endormis dans le mini-van. La marche est tranquille : premier arrêt à Mini World’s End, la vue sur les nuages en contrebas est déjà superbe. Je m’aventure un peu sur des sentiers annexes avant de rejoindre le groupe à World’s End proprement dit, encore plus haut, tout aussi spectaculaire — montagnes à perte de vue et quelques maisons perchées loin en contrebas. Direction ensuite Baker Falls avec le reste du groupe : marche tranquille, papotages, cascade sympathique sans être renversante, entourée de collines d’herbes hautes.




Tout le monde était frigorifié au petit matin pour le thé et le petit-déjeuner (un peu léger côté hôtel, mais sympa de leur part de s’être levés à 4h pour le préparer), finalement il n’aura pas fait si froid que redouté. Retour tranquille à l’auberge, puis un tour en ville pour changer de l’argent et se dégourdir les jambes. Le groupe organise une petite soirée improvisée à l’auberge le soir — très bon moment, discussions, franche rigolade, jusqu’à ce que la fatigue prenne le dessus.
Retour vers la côte, direction Negombo
Matinée tranquille à l’auberge avant de reprendre la route avec un voyageur israélien croisé sur place — lui vers Kandy, moi vers Negombo. Six heures de bus, avec ses habituels flux et reflux de passagers, mais toujours ces paysages superbes qui font passer le temps. À Colombo, un tuk-tuk providentiel me dépose à la gare (200 Rs) ; un chauffeur insistant tente de me faire changer d’avis sur le prix du trajet en train en me poussant discrètement à l’écart, sans succès — je finis par obtenir mon billet à 70 Rs, non sans une bonne dose de fermeté.
Le train est bondé, sans place assise, mais un Sri-Lankais engage la conversation sans rien demander en retour — le trajet passe agréablement. Arrivée à Negombo à la tombée de la nuit, direction la plage pour trouver où dormir — le choix ne manque pas. Je me pose finalement dans un hôtel à 3000 Rs avec restaurant sur la plage, malgré un Wi-Fi capricieux et une douche chaude à peine tiède.
Negombo, dernière étape en douceur
Petit-déjeuner tranquille puis recherche d’une meilleure guesthouse — je trouve enfin une place, complète la veille, avec une petite vue sur mer et une ambiance calme. Balade en ville et sur la plage : pas franchement propre, mais rien comparé à la partie réservée aux pêcheurs locaux, jonchée de bouteilles et de plastique.




J’observe longuement un pêcheur qui lance son filet à quelques mètres du rivage, parfois avec un crabe ou un poisson à la clé, souvent bredouille. Journée volontairement calme — Negombo, c’est surtout fait pour souffler avant le retour.


Marché aux poissons et dernier coucher de soleil
Lever tôt (6h) pour rejoindre à pied le fish market — trop tard cependant pour l’animation du petit matin. En chemin, l’odeur âcre du poisson et des déchets mêlés, des cabanes de fortune plantées le long de la plage. J’apprends l’existence d’un second marché à deux kilomètres, réputé pour ses plus gros poissons — celui dont on m’avait parlé. Sur le chemin, un pont où de nombreux locaux pêchent à la canne, avec des prises bien plus impressionnantes. Trop tard dans la journée pour voir le meilleur de l’activité (il aurait fallu être là dès potron-minet), mais l’ambiance vaut le détour.




Après-midi calme sur la plage à lire, chaleur écrasante après un temps gris la veille. Repas correct dans un petit resto (52 Rs pour riz, légumes et eau) puis coucher de soleil photographié depuis la plage, sous le regard curieux d’une employée de l’hôtel qui multiplie les questions toutes les trente secondes — amusant plus qu’agaçant. Dernière soirée tranquille en ville, bière en terrasse, et dodo.

Jour du départ
Réveil tranquille, petit-déjeuner à l’hôtel, puis dernière session de rangement du sac avant de reprendre l’avion. Fin de ce voyage.
Bilan
Un voyage à deux visages : la première semaine, sociale et un peu chaotique, à découvrir les classiques de l’île à deux (temples, trains bondés, éléphants, plages du sud) ; la seconde, plus lente et plus solitaire, portée par les rencontres improvisées — Chandana et sa famille, l’auberge de Nuwara Eliya, les inconnus croisés sur la route qui s’arrêtent sans qu’on leur demande rien. Un pays où l’on se déplace lentement, où rien n’est jamais tout à fait gratuit, mais où l’accueil rattrape largement les petits tracas du quotidien.